Visite de la Collection Bertrand de Passemar

Histoire de la Collection Bertrand de Passemar

Né en 1950, Bertrand de Passemar a commencé très jeune à bricoler les voitures. Il récupère une Delage à la fin des années 1960 avec laquelle il roule quelques temps avant de la revendre. Il ne le sait pas encore, mais il vient de contracter le virus de l’auto ancienne, qui l’amènera à développer sa collection. A une époque où les autos anciennes n’intéressent pas grand monde hormis les passionnés, il constitue petit à petit une belle collection d’autos qu’il restaure dans le garage établi dans les dépendances de son Château de Sanxet. Françaises, anglaises classiques mais aussi quelques américaines, la collection s’étoffe au gré de ses coups de cœur. Il aime les voitures originales ou qui ont une histoire.

A la suite de son décès tragique survenu en 2018, une association (Musée de Sanxet de Bertrand de Passemar) est créée pour conserver et entretenir ce patrimoine, et continuer à restaurer les autos encore dans leur jus. Cette collection privée ne se visite que sur rendez-vous, et est réservée aux membres de l’association. Il vous faudra donc devenir membre de l’association (mais l’adhésion est modique) pour avoir le privilège de découvrir ces voitures.

My Favorites   

La Collection Bertrand de Passemar au Château de Sanxet est une collection coups de cœur, assez resserrée mais avec quelques vraies pépites. Quelques coups de cœur à distinguer :

  • Le cadre, on domine les vignes et la grande salle sans poteau permet une vue d’ensemble de la Collection
  • La Rolls-Royce Silver Wraith 1949, monumentale, qui rappellera quelques James Bond aux amateurs
  • La belle sélection de Jaguar
  • Les Citroën Traction Cabriolet et Berline 15-6 cylindres

Le Château de Sanxet

Installé sur une colline à quelques kilomètres de Monbazillac et Bergerac, construit par les Anglais, le Chateau de Sanxet voit ses origines remonter à la guerre de Cent Ans, et tire son nom du village existant à l’époque. La vigne commence à être exploitée dès le 11ème siècle. La région étant très disputée, le château connaitra une histoire mouvementée jusqu’au 15ème siècle. A cette époque, la vigne est déjà exploitée en tant que vins de Monbazillac. Ces vins liquoreux sont exportés en Angleterre et dans les pays nordiques et très prisés des cours royales. C’est en 1619 qu’une famille anoblie par Louis XIII prend possession du domaine et du nom, et restera dans la famille jusqu’au 20ème siècle. Bertrand de Passemar reprend le domaine en 1982 dont l’épouse était une descendante de la famille de Sanxet. Il en développera la production viticole, et pourra héberger sa collection naissante de voitures anciennes. Le château ne se visite pas.


Les voitures de la Collection

Les voitures sont exposées dans une vaste salle construite en s’appuyant sur un mur de pierre d’une dépendance. La salle carrelée est décorée de grandes fresques qui retracent l’histoire du domaine. Les autos sont groupées en essayant de respecter leurs points communs : américaines, anglaises de prestige, françaises…  La plus ancienne voiture de la collection est une Clément Bayard de 1911, achetée car c’était l’année de naissance du père de Bertrand de Passemar, voiture utilisée par la famille Clément elle-même. L’auto arbore une effigie du Chevalier Bayard, qui a donné une partie du nom à la marque. La Collection possède d’ailleurs une autre Clément Bayard, de 1913.

Autres ancêtres, mais d’un style très différent, 2 petites autos de course françaises des années 1920/30, une Ragot Spéciale animée par un moteur 1500 compressé, et magnifiquement restaurée et une belle Rally en 2 tons de bleu. Parmi les autres voitures françaises, citons 2 Citroën Traction, un cabriolet magnifique rouge et noir, et une relativement rare berline 6 cylindres, une Panhard Dynamic de 1938, une Djet 7, autre petite sportive française, un Coupé Simca de 1952, l’un des tous premiers fabriqués avec une carrosserie alu par la société Facel Metallion, qui produira les Facel Vega. Il est d’ailleurs présenté à côté d’une Ford Comète, dont la carrosserie était également fabriquée par Facel Metallion. Il ne reste quasiment aucun exemplaire de cette version du coupé Simca en France.

Bertrand de Passemar aimait aussi les voitures anglaises, et sa sélection est particulièrement raffinée AC, Bentley, Daimler, Jaguar, Rolls-Royce… Que du beau monde !

La Rolls est une Silver Wraith 1949, la voiture du méchant dans plusieurs James Bond. Profonds sièges en cuir, bar avec verres en cristal, et une particularité, la célèbre Flying Lady sur le radiateur est agenouillée, signifiant (selon la légende) qu’elle est conduite par son propriétaire ! La Daimler quant à elle vient de la cour d’Angleterre, donc on peut rêver des personnes illustres qui ont pu s’assoir sur les sièges (arrière sans doute).

Coté Jaguar, il y a un échantillon intéressant avec une XK 120, une Mk 2, une XJ 4,2L, et 2 Type E dont un coupé 3,8L « lightweight » qui a été « recivilisée ». Citons également pour les autos britanniques une Lotus Elite de 1959 et une réplique de Lotus 7.

Quelques américaines complètent la collection, notamment 2 Cord 812 et L29 encore dans leur jus, et un cabriolet Cadillac Eldorado de 1953, avec sa profusion de chromes et ses pare-chocs « obus » typiques de cette époque.

Sans être exhaustif, mentionnons également 3 coupés représentant le design italien, avec une Alfa Romeo 2600, une Lancia Flaminia et une rare OSI 20M TS, développée et construite par OSI sur base de Ford 20M, à la demande de Ford.

Parmi les curiosités exposées hors voitures, il y a un capot de Lotus F1, une moto Ragot (même constructeur que la Ragot Spéciale), un side-car Indian et une « caisse à savon » en forme de monoplace Lotus des années 1960.

Dans une autre petite salle, quelques Citroën DS et 2 CV accompagnent une Peugeot 301 qui a la particularité d’avoir appartenu à la célèbre chanteuse et actrice Mistinguett, ainsi qu’un étrange prototype Citroën de course de 1923, surnommée Tank en raison de sa carrosserie « aérodynamique ».

Les réserves

A côté de la salle d’exposition, les anciennes écuries abritent les réserves de la collection. Pas d’automobile, mais beaucoup d’objets anciens qui attendent de nouveaux aménagements pour être restaurés et exposés. Des voitures à cheval, des vélos (dont un tandem du début du 20ème siècle et un tricycle avec son siège en osier), des landaus, des métiers à tisser, coudre ou filer… qui complèteraient l’aspect historique du musée.

Autre curiosité pour les cinéphiles, le Château de Sanxet a servi de décor pour le tournage « Jappeloup » (un film de Christian Duguay avec Guillaume Canet), notamment les écuries, le bar et le manège.

La Collection Bertrand de Passemar dispose également d’un vaste garage équipé pour l’entretien complet des véhicules de la Collection.