Légendes du Rallye – La Collection Loh

Musée National de l’Auto – La Collection Loh, Dietzhölztal, Allemagne

A partir du 28 mars 2026

Après avoir consacré l’exposition 2025 à la Formule 1, le Musée National de l’auto – La Collection Loh a choisi pour 2026 pour thème les les « Légendes du Rallye – Un voyage dans le temps sur l’asphalte, la terre et la neige ». L’exposition présente une sélection de voitures de rallye de différentes époques.

Pour le Professeur Friedhelm Loh, fondateur du musée, « Le rallye est la discipline la plus complète dans l’univers aux multiples facettes du sport automobile. En rallye, tout doit être parfait : le pilote, le copilote, l’équipe technique et le parcours. Tous les acteurs doivent s’adapter aux circonstances du moment à une vitesse vertigineuse. C’est aussi ce qui rend le rallye si fascinant. Esprit d’équipe, orientation vers l’objectif, capacité d’adaptation et rapidité : ces qualités sont essentielles pour surmonter des défis spécifiques tels que la chaleur, le froid ou les conditions routières ».

Au-delà du rallye, l’exposition couvre également les rallyes-raids avec le Rallye Dakar, ou la célèbre course de côte de Pike’s Peak aux USA.

La plus ancienne voiture exposée est une Bentley 6 1/2 Litre Speed Six, carrossée en « Coupé Sport », qui rappelle que les courses sur route existaient avant que la notion de rallye ne soit définie. Cette notion elle-même a beaucoup évolué au fil du temps. La Rallye Monte Carlo, certainement la plus ancienne épreuve sur route encore existante, a connu de nombreux changements avant d’être l’évènement sportif actuel, avec courses de régularité, marathon routier, concours de présentations… Dans les années 1950 et jusqu’au milieu des années 1960, les voitures de rallye restent très proches des voitures de série. La Mercedes 300 SL s’illustre notamment dans les grands marathons routiers en Europe et en Amérique latine, tandis que sur les rallyes s’affrontent des autos aussi différentes que la Mini Cooper S ou l’imposante berline Mercedes 300 SE.

Avec la définition par la FIA des Groupes 1 à 5 (tourisme de (quasi) série – Gr 1 aux prototypes – Gr 5), de nouveaux modèles « Groupe 4 » comme les Alpine A110 ou les Porsche 911 deviennent les reines des rallyes. Alpine remporte en 1973 le premier Championnat du Monde des Rallyes (WRC) dans la catégorie « constructeurs ». La Lancia Stratos, première voiture développée spécifiquement pour courir en rallye, est homologuée en Groupe 4 par la production de versions « Route », et va dominer le Championnat du Monde de 1974 à 1976.

Audi adopte une démarche similaire avec la Quattro qui introduit les 4 roues motrices en rallye et remporte le Championnat du Monde 1982. Mercedes de son côté compte plutôt sur la robustesse de ses modèles, berline 280 ou coupé 450 SLC, pour affronter les pistes des rallyes africains comme le Bandama ou le Safari Est Africain. En 1983, l’avènement des Groupe B qui bénéficient d’un règlement particulièrement permissif ouvre une nouvelle ère, souvent considérée comme un âge d’or tant ces voitures étaient impressionnantes. Audi (Quattro, S1), Ford (RS 200), Lancia (037 EVO, Delta S4), Opel (Ascona 400, Manta 400), Peugeot (205 Turbo 16) se livrent une course à la puissance, au point que la FIA finit par interdire le Groupe B.

Le Groupe A succède au Groupe B, et si Audi propose la 200 Quattro, c’est surtout Lancia qui va complètement dominer le monde des rallyes remportant 6 titres consécutifs (record absolu) de 1987 à 1992 avec les différentes générations de Delta, représentées dans l’exposition par une Lancia Delta HF Integrale 16V. A partir de 1997, le Championnat du Monde des rallyes définit un règlement WRC qui connait plusieurs évolutions jusqu’en 2021.

Si la Subaru Impreza est l’un des modèles majeurs de cette période où les constructeurs japonais s’imposent, on peut regretter qu’aucune Citroën (8 titres mondiaux entre 2003 et 2012) ne soit présente dans cette sélection. Le modèle le plus récent de l’expo est une Volkswagen Polo R qui a permis à la marque allemande de remporter 4 titres successifs de 2013 à 2017.

Comme pour les rallyes, le raid Paris – Dakar a commencé avec des voitures simplement renforcées pour résister aux conditions difficiles de l’épreuve, avant d‘intéresser les constructeurs et donner naissance à un championnat du monde des rallye-raids. Même les voitures d’assistance sont préparées, comme en témoigne ce Mercedes-Benz Classe G 280 de 1985 équipé d’un V8 provenant d’une Porsche 928. Porsche s’était intéressée au Groupe B avec la 959, reconnaissable à son avant légèrement aplati et surtout son gros aileron arrière intégré à la poupe. Basée est une 911, la 959 était une 4 roues motrices avec un moteur turbo en position centrale. Arrivée trop tard pour courir en rallye à la suite de l’arrêt du Groupe B, elle servira pour le développement de la 959 « Dakar » vainqueur du Dakar 1986.

Le Volkswagen Race Touareg III (2011) comme le Peugeot 3008 DKR (2017) n’ont qu’une très vague ressemblance avec le modèle de série dont ils empruntent le nom. Ce sont de véritables prototypes entièrement développés pour ces courses, comme le sont également les X-Raid Mini JCW Buggy. Audi s’engage sur le Rallye Dakar en 2022 avec son Audi RS Q e-tron, premier véhicule électrique engagé en rallye raid. Pour être précis, la voiture est propulsée par 2 moteurs électriques de près de 200 chevaux chacun, mais la batterie est alimentée par un moteur thermique. Audi gagne le rallye et son pari en 2024 à sa 3ème participation. Une moto BMW R 900 complète la sélection Dakar.

Pikes Peak

La course de côte de Pike’s Peak est l’une des plus anciennes courses automobiles encore active. Longtemps spécialité exclusivement américaine, c’est au début des années 1980 que les constructeurs européens commencent à s’y intéresser, notamment Audi qui y trouve un terrain approprié à ses puissantes Audi Quattro Groupe B. Audi gagne 6 fois consécutives en catégorie « Unlimited » de 1982 à 1987, où l’emporte Walter Röhrl en 1987, passant pour la première fois sous la barre des 11 minutes !

Citons l’Audi S1 Hoonitron, qui ressemble vaguement à l’Audi Quattro S1, mais ici entièrement électrique et développée pour le célèbre drifteur américain Ken Block, autre forme de performance routière ! Au travers de cette exposition, le « Nationales Automuseum The Loh Collection » expose des légendes routières, mais rend aussi hommage aux constructeurs, équipes et pilotes qui ont construit l’histoire des rallyes, parmi lesquels Walter Röhrl, Carlos Sainz, Rauno Aaltonen, Hannu Mikkola, Markku Alén, Michèle Mouton, Henri Toivonen, Ari Vatanen, Petter Solberg, Juha Kankkunen, Didier Auriol, Sébastien Loeb, Stéphane Peterhansel, Sébastien Ogier et bien d’autres !

Nouveau livre : « Rallye Legends – Un voyage dans le temps sur l’asphalte, la terre et la neige »

Le livre « Rallye Legends – A Time Journey on Asphalt, Gravel and Snow », publié à l’occasion de l’exposition, retrace également les idées des ingénieurs et de nombreuses autres anecdotes passionnantes issues du monde du rallye. Rédigé par Jörg Walz, auteur renommé et expert en sport automobile, avec une préface de Christian Geistdörfer, qui fut le copilote de Walter Röhrl, l’ouvrage publié en allemand et en anglais présente les véhicules exposés et fournit aux lecteurs des informations complètes sur les autres participants au rallye ainsi que sur de nombreux aspects de ce sport. De plus, la boutique bien fournie du Nationales Automuseum propose également des modèles réduits et des objets de collection créés spécialement pour l’exposition temporaire.

Les photos de cette page appartiennent au Musée National de l’Automobile – La Collection Loh, aucun droit de reproduction sans l’autorisation expresse du musée.