Retour sur Ultimate Supercar Garage 2026

Du 29 janvier au 1er février 2026, Paris, France

Ultimate Supercar Garage (USG) est un nouveau salon qui s’est tenue en parallèle de Rétromobile Paris, dédié comme son nom l’indique au monde des supercars et hypercars. Compte tenu de la cible ultra confidentielle des ces autos, le pari était osé, mais s’est avéré un grand succès. Plus de 63 000 visiteurs ont parcouru les allées du salon pour admirer des voitures rares voire uniques. Plusieurs constructeurs parmi les plus prestigieux avaient fait le déplacement, proposant une sélection de modèles jamais rassemblés en un seul lieu. On ne peut que souhaiter que ce succès soit confirmé et que les quelques absents (comme Konigsegg ou McLaren) viennent exposer lors de la prochaine édition, déjà planifiée du 3 au 7 février 2027.

On retrouvait donc ce hall dédié plusieurs constructeurs établis, quelques nouveaux entrants ambitieux, quelques marchands, des spécialistes du Restomod, auxquels se sont ajoutés quelques exposants gravitant dans l’univers du luxe ou autour de l’automobile d’exception. Notons au passage que si plusieurs « constructeurs » ont présenté des supercars électriques dans les années passées avec des puissances énormes où l’unité de compte était le millier de chevaux, on ne trouvait à USG pratiquement que des autos à moteur thermique. Peut-être le signe qu’à un certain niveau de prix et d’exclusivité, la passion automobile et les électrons ne font pas bon ménage !

On remarquait aussi sur de nombreuses réalisations le retour des boites de vitesse manuelles, supposées remettre le « pilote » au centre de la conduite. Passons maintenant en revue le plateau, par catégorie d’exposants mais sans être exhaustif, avec un focus sur les automobiles.

Les constructeurs

Saluons la performance des organisateurs qui ont réussi à réunir des constructeurs dont les modèles sont rarement exposés au public, si ce n’est dans des showrooms exclusifs. D’autre part, une grande scène sur laquelle pouvaient monter les voitures permettait des présentations en direct avec des exclusivités et des avant-première françaises voire mondiales. Je reviens ici sur les principaux stands, sans objectif d’exhaustivité, et dans l’ordre alphabétique.

Alfa Romeo exposait 2 autos très différentes, 2 séries limitées. La première était une 33 Stradale, série limitée de 33 exemplaires qui s’inspire de la 33 Stradale des années 1960, elle-même série limitée pour la route de la Tipo 33 de course. Dessinée par Franco Scaglione, elle est considérée comme l’une des plus belles Alfa de route. Il y a donc pire comme inspiration. La nouvelle 33 Stradale est largement basée sur la Maserati MC 20, que ce soit sa monocoque carbone ou son V6 biturbo de 3 litres de 630 chevaux. Comme il se doit à ce niveau d’exclusivité, chaque propriétaire a pu personnaliser largement son auto. A noter qu’initialement, Alfa Romeo prévoyait une version 100% électrique, abandonnée devant le peu d’enthousiasme des acheteurs.

Si la 33 Stradale se classe clairement dans la catégorie « Supercar », le 2ème modèle du stand Alfa Romeo peut surprendre sur ce salon puisqu’il s’agit d’une Giulia. Mais attention, il s’agit d’une édition spéciale, exclusive même, la Giulia Quadrifoglio Luna Rossa limitée à seulement dix exemplaires (d’ailleurs tous vendus). Elle tire son label « Luna Rossa » de l’équipe de voile italienne Luna Rossa qui a participé à sa définition. Son moteur V6 biturbo de 2.9 l développe 520 ch et le propulse à 300 km/h, le carbone est omni présent, l’aérodynamique est soignée avec notamment un surprenant aileron arrière en 2 parties, et une originale peinture irisée bicolore finit de le rendre exclusive.

Grand écart sur le stand Aston Martin, avec 4 modèles allant de la Valkyrie LM au SUV DBX. La Valkyrie LM est une série ultra limitée à 10 exemplaires, réservée à la conduite sur circuit, copie quasi conforme de la Valkyrie Hypercar qui court en Championnats WEC et IMSA (endurance, 24 Heures du Mans). Les différences entre la LM et l’hypercar sont mineures et portent sur des éléments comme le lest ou le système de régulation imposé par la FIA pour es courses.

On retrouve le moteur V12 atmosphérique de 6,5 litres développe près de 700 chevaux pour une voiture pesant environ 1000 kg et l’aérodynamique complexe d’une vraie voiture de course. Les heureux clients bénéficient d’un programme complet de formation sur la piste et en dehors (simulateur), bien nécessaire pour apprivoiser un tel monstre ! La voiture exposée, dans une peinture bicolore blanche et bleue, était la première livrée, généreusement prêtée par son propriétaire. A côté, la Valhalla est la supercar Aston Martin de (petite) série, 999 exemplaires prévus, hybride rechargeable, qui combine un V8 biturbo de 4.0 litres et 3 moteurs électriques, pour délivrer plus de 1000 chevaux ! Elle est inspirée de la Valkyrie et bénéficie de l’expérience F1 d’Aston Martin, mais se veut moins radicale que la Valkyrie LM.

Près de ces autos extrêmes, la Vanquish parait presque sage ! Pourtant avec sa large calandre Aston traditionnelle et son arrière sculpté, elle en impose. Son moteur V12 biturbo de 5,2 litres pour une puissance de 835 ch autorise une vitesse de pointe de 345 km/h. 3 voitures, 3 styles, 3 technologies moteur pour 3 usages très différents mais complémentaires !

Chez Bentley, on cultive le luxe et le raffinement british, ce que montrait la sélection de matériaux, cuirs bois et aluminium, présentée sur le stand, avec un artisan à l’œuvre sur un volant, la main de l’homme étant encore très présente dans les finitions. Outre un SUV Bentayga, on pouvait admirer une Continental GT, dernière génération de l’expression du Grand Tourisme par Bentley. Le V8 biturbo de 4 litres, associé à un moteur électrique, offre près de 700 chevaux pour se déplacer dans un confort absolu.

Dérivée de la Continental, la Supersports se veut beaucoup plus sportive, sans être radicale. Limitée à 500 exemplaires, la Supersports est animée par le V8 Bentley biturbo délivrant 666 chevaux, reçoit de nombreuses pièces de carbone et dispose dune aérodynamique retravaillée. Bentley exposait également un cabriolet Batur, une série très limitée (18 coupés, 16 cabriolets) construits par Mulliner toujours sur base de Continental, mais avec un niveau de raffinement et de personnalisation encore poussé.

Au milieu de toutes ces marques prestigieuses, Bugatti avait sans doute la vedette, avec une présentation publique en première mondiale de son nouveau joyau, la Bugatti Veyron FKP Hommage ! Ce modèle s’inscrit dans le programme Bugatti Solitaire, la création de modèles uniques, développés spécifiquement pour un client. Il ne s’agit pas seulement de personnalisation, même ultime, mais bien de réaliser une voiture absolument unique. Décryptons le nom : Hommage car l’auto est une double référence, tout d’abord à la Veyron qui fut le premier modèle de la nouvelle ère Bugatti dévoilée en 2005, et ensuite à Ferdinand Karl Piëch (d’où FKP), qui a initié cette nouvelle ère en rachetant les droits de Bugatti alors qu’il était le dirigeant de Volkswagen.

Ferdinand Piëch, petit-fils de Ferdinand Porsche, est bien connu pour son implication dans le développement du flat-6 Porsche, du programme compétition de Porsche autour des 908 et surtout de la 917 qui mena Porsche à la victoire aux 24 Heures du Mans, et du renouveau technique chez Audi avec le programme Audi Quattro et les victoires en rallye. Avec le rachat de Bugatti en 1998, Ferdinand Piëch veut créer une supercar qui supplante tout ce qui existe par ses performances et son prestige. La première expression en sera la Veyron 16.4 avec son moteur W16 de 8 litres de cylindrée, avec 4 turbos pour délivrer 1001 chevaux et atteindre une vitesse de pointe de 400 km/h ! La Bugatti Veyron FKP Hommage reprend les grandes lignes esthétiques de la Veyron 16.4, mais modernisées avec beaucoup de subtilité, par exemple au niveau de la face avant avec des phares beaucoup plus fins (développés spécialement) permis par les avancées techniques depuis 20 ans.

Présentées côte à côte, la Veyron 16.4 originelle et la FKP Hommage laissent voir leurs ressemblances et leurs différences. La FKP Hommage dispose toujours du mythique W16, mais comme elle est basée sur une architecture de Chiron Super Sport, le moteur annonce cette fois 1600 chevaux. Tout en restant fidèle au style de la Veyron, le châssis et l’aérodynamique ont été revus pour s’adapter au niveau de performances. Une console centrale taillée dans un bloc d’aluminium, des tissus exclusifs développés spécifiquement pour ce modèle, une harmonie de couleurs et matières unique ont quelques éléments distinctifs de cette voiture unique. Le nom du client final n’est pas connu, pas plus que le prix, qu’on dit très supérieur à 10 Millions d’Euros ! Toutefois, le modèle présenté est un show-car, Bugatti va en poursuivre le développement et la mise au point pour une livraison début 2027. Autant dire que les chances d’approcher la Veyron FKP Hommage seront rarissimes !

A coté de ces 2 autos, Bugatti exposait aussi le moteur W16, véritable cathédrale mécanique. De l’autre côté de l’allée, Bugatti restait sur le thème de la Veyron, avec 4 modèles représentant quelques étapes de l’évolution de la Veyron pendant ses 10 ans de production, en partant de la Veyron 16.4 (rouge et noire), la Veyron Grand Sport (blanc nacré), version roadster de la 16.4 produite à 58 unités, la Veyron Super Sport (bleue) plus puissante (1200 chevaux) et plus rapide (415 km/h officiels, mesurée à 431 km/h), seulement 48 exemplaires, et enfin la Veyron Grand Sport Vitesse (rouge et blanche), en quelques sorte une combinaison du roadster Grand Sport avec les performances de la Super Sports (92 exemplaires).

Le hollandais Donkervoort présentait sa dernière création, la P24RS. Après avoir distribué en Hollande les Lotus Seven et Caterham, Joop Donkervoort a commencé à construire ses propres voitures en 1978, d’abord avec des moteurs Ford puis avec le réputé Audi 5 cylindres à partir de 1998. Avec la P24RS, Donkervoort franchit une nouvelle étape. La voiture reste très légère, avec un mélange de tubes aluminium et de fibre de carbone pour le châssis, la coque et la carrosserie. Le moteur est un V6 biturbo de 3,5 litres provenant de la Ford GT, mais revu par Donkervoort, avec notamment des turbos et un logiciel maison, dont la puissance peut varier de 400 à 600 chevaux, selon la cartographie choisie par le conducteur.

Comme la voiture pèse 840 kg avec les pleins, les performances, surtout les accélérations s’annoncent stratosphériques. Si la P24 RS dispose de suspensions pilotées réglables, aucune aide à la conduite n’est proposée en série : pas d’ABS, pas d’ESP, pas de direction assistée, boite mécanique à 5 rapports. L’habitacle est bien fini, baquets Recaro et harnais Sabelt, mais minimaliste. Ne cherchez pas l’écran multimédia de 14 pouces, il n’y a pas d’écran ! Incontestablement, cette P24 RS est destinée aux plus sportifs, et la production sera limitée à 150 exemplaires, numérotés. Une dernière originalité, Donkervoort réinvente les phares escamotables, avec une petite branche pour les feux de route LED qui s’escamote de chaque côté du nez de la voiture.

Ferrari était représentée sur le salon par Charles Pozzi qui avait amené 4 modèles représentatifs des différentes gammes du Cavallino. La 296 GTB (la rouge) est la dernière génération de Ferrari « berlinetta » à moteur central, pour la première fois un V6 Turbo associé à un moteur électrique. Cette gamme à moteur central recevait un V8 depuis la 308 au début des années 1970 (la Dino 246 V6 n’était pas « officiellement » une Ferrari à son époque). Son moteur électrique avec une batterie rechargeable lui permet de circuler quelques km en « 0 émission », mais fournit aussi un appoint de puissance conséquent au moteur thermique, la puissance globale étant de 830 chevaux.

Traditionnellement cette gamme inclut une déclinaison plus sportive, et c’est le rôle de la 296 « Speciale » (la verte). La voiture est un peu allégée, puissance passe à 880 chevaux, et l’aérodynamique est plus complexe. Elle se reconnait notamment à l’arrière avec son gros diffuseur, son aileron en 2 parties qui s’appuie sur les ailes et son échappement élargi.

La SF 90 XX Stradale (la bleue) fait aussi partie de la « gamme Speciale », un cran au-dessus en termes de puissance (et de tarif). Jusqu’à présent, les Ferrari XX étaient des modèles réservés à la piste, non homologués pour la route. La SF 90 XX Stradale est une XX par son caractère plus radical, son surcroit de puissance (30 chevaux) et son aéro, avec entre autres un grand aileron fixe (qu’on n’avait pas vu sur une Ferrari de route depuis la F50 en 1995), mais homologuée pour la route puisque « Stradale ».

Enfin la Monza SP2 (la noire) appartient à la gamme « Icona », des séries spéciales limitées dont le design s’inspire de modèles mythiques. Avec un V12 atmosphérique de 810 chevaux en position centrale avant, elle représente un ADN typique Ferrari. 2 places, sièges monobloc carbone, pas de pare-brise mais 2 petits saute-vent, double bossage derrière les occupants, sa ligne s’inspire directement des « barchettas » de course des années 1950.

Pas de SUV Urus, Lamborghini a décidé de se concentrer sur le thème du salon, les supercars. La Temerario (verte) a délaissé le V10 atmosphérique de la Huracan pour un V8 biturbo, associé à trois moteurs électriques, pour une puissance maximale totale de 920 CV, soit un bond de près de 300 chevaux. La ligne générale reprend le style typique Lamborghini modernisé avec, comme il se doit, une aérodynamique active.

Un cran au-dessus, la Revuelto (grise) présentée en 2023 est la première hybride de Lamborghini (hors concept-cars). Elle conserve le V12 atmosphérique, mais profondément remanié, qui fournit une puissance de 825 chevaux. Avec l’appoint de 3 moteurs électriques, la puissance totale dépasse les 1000 chevaux. L’arrière est particulièrement spectaculaire, avec un énorme diffuseur en carbone, les 2 sorties d’échappement hexagonales, et le moteur thermique apparent, sans vitre de protection.

La Fenomeno (jaune) fait partie des séries limitées qui viennent de temps en temps coiffer la gamme Lamborghini, avec plus de puissance et plus d’exclusivité. La Fenomeno qui célèbre les 20 ans du « Centro Stile Lamborghini », est motorisée par le V12 Lamborghini, associé à trois moteurs électriques pour délivrer une puissance totale de 1 080 CV. Seulement 29 exemplaires de ce véritable manifeste à l’aérodynamique particulièrement soignée seront produits. Le carbone est évidemment omniprésent, tant pour la carrosserie que pour l’habitacle, avec des pièces imprimées en 3D. Les rares clients pourront naturellement personnaliser leur auto avec une palette presque illimitée de couleurs et de matériaux

La stratégie de Lotus est parfois complexe à suivre, entre sportives légères, électrification et recherche de volume. Pour ce salon Ultimate Supercar Garage, la firme britannique exposait sa supercar Evija 100% électrique dans son édition « Emerson Fittipaldi » limitée à 8 exemplaires (pour une production globale de 130 exemplaires). Présentée en 2022 pour commémorer le titre de Champion du Monde du pilote brésilien en 1972 sur Lotus-JPS 72, l’Evija Emerson Fittipaldi reprend les couleurs noir et filets or de la Lotus JPS.

La Lotus-JPS 72 est certainement l’une des Lotus F1 les plus connues et les plus belles, avec une ligne en coin simple et fine, et cette livrée noir et or qui la magnifie. Alors l’Evija est (très) puissante puisque Lotus annonce plus de 2000 chevaux (!!!) mais avec 1700 kg (même si ce poids reste contenu pour une électrique), elle s’éloigne un peu du concept « Light is Right » de Colin Chapman ! Vu l’appétence limitée des clients pour les sportives électriques, il restera à voir si la marque réussit à écouler ces 130 Evija, surtout à environ 2 M€ HT l’unité.

Maserati exposait sa GT2 Stradale, une supercar homologuée pour la route mais étroitement dérivée de son modèle de course. Ses appendices aérodynamiques, diffuseur, aileron arrière géant, spolier et capot carbone, volets sur les ailes avant témoignent qu’elle vient de s’échapper des circuits. Elle exploite le V6 maison « Nettuno » qui délivre ici 640 chevaux pour autoriser une vitesse de pointe de 325 km/h.

Plus puissante grâce à de nouveaux turbocompresseurs (730 chevaux) et nettement plus radicale, la MCXtrema fait partie de cette nouvelle génération de supercars réservées à la conduite sur circuit. Maserati ne propose que 62 exemplaires de ce modèle au look d’hypercar du Mans. Son nom combine son origine, MC pour Maserati Corse et son caractère « Extrême ».

Pagani s’est fait un nom en quelques années, en produisant en toute petite série des modèles ultra sportifs, mais avec un niveau de finition et de raffinement exceptionnels. Si on peut difficilement parler de modèles « standards » chez Pagani, le constructeur présentait quelques pièces exceptionnelles sur le salon Ultimate Supercar Garage.

La Zonda est le premier modèle produit par Pagani à partir de 1999 jusqu’en 2017 à environ 150 unités, y compris les versions réservées à la piste. La Zonda Barchetta (bleue) de 2017 fait partie des toutes dernières Zonda et n’a été construite qu’à 3 exemplaires, dont une conservée par Horacio Pagani. Ce roadster entièrement en carbone est inspiré des prototypes de Groupe C, mais conserve un habitacle raffiné et luxueux. Son V12 atmo d’origine AMG de 6,3 litres développe près de 800 chevaux. Si la ligne a évolué par petites touches depuis les origines, la Zonda conserve en 2026, et surtout dans cette version Barchetta un style complètement intemporel.

La Huayra Roadster (bleu nuit) a également été présentée en 2017, toujours animée par un V12 d’origine AMG, mais cette fois avec 2 turbos. Dans cette version, le moteur développe 764 chevaux pour un poids total de 1280 kg. L’ambition de Pagani était que ce roadster soit plus léger que la Huayra coupé dont elle est dérivée, sacré challenge !

La Huayra R (bleue avec bandes jaunes) présentée en 2021 est exclusivement destinée au circuit, bien que ne correspondant à aucune réglementation sportive. Les concepteurs ont pu ainsi développer une auto tirant parti de tout leur savoir-faire. Son V12 atmosphérique fournit 850 chevaux pour une auto pesant seulement 1050 kg, dont la ligne s’inspire également des prototypes d’endurance des années 1960 et 1970. Limitée à 30 exemplaires, la Huayra R fait partie du programme Pagani « Arte in Pista » qui accompagne les heureux propriétaires désireux de faire effectivement rouler leur auto sur circuit.

L’Utopia est le dernier modèle présenté par Pagani en 2022 en coupé. Pagani propose toujours ses modèles en coupé et en roadsters, avec pour objectif que le roadster reste aussi performant que le coupé. L’Utopia Roadster (carbone mat) commercialisée à partir de 2025 sera construit à 130 exemplaires. Le V12 biturbo toujours d’origine AMG développe 864 chevaux pour déplacer une auto au poids contenu à 1280 kg grâce à un usage intensif de carbone et de titane. On s’en doute, l’aérodynamique est particulièrement étudiée, avec un arrière style « longue queue » et un aileron avec 2 flaps mobiles.

L’Utopia Roadster dispose d’un toit rigide qui peut être laissé au garage (ou dans son salon) et d’un toit souple pour les escapades quand la météo est incertaine. Comme sur tous les modèles Pagani de route, on retrouve les coffres de rangement en cuir recouverts de carbone positionnés de chaque côté du moteur, l’intérieur est toujours sublime, avec ses pièces d’aluminium taillées dans la masse et son instrumentation analogique.

On pourrait être surprise de voir Renault, constructeur généraliste de voitures plutôt populaires, sur un salon dédié aux supercars. C’est la scène que l’entreprise a choisie pour exposer sa R5 Turbo 3E, déjà vue sur plusieurs salons et manifestations sportives. Comme la voiture est 100% électrique, le nom Turbo peut sembler incongru, mais il symbolise d’une part la performance (Porsche continue aussi à maintenir le label Turbo pour ses versions électriques les plus performantes), et surtout le nom évoque la mythique R5 Turbo 2, bodybuildée et propulsée par un moteur turbo en position centrale arrière.

Le lien de parenté esthétique était mis en avant avec la présence sur le stand Renault de l’une de ces R5 Turbo, en l’occurrence une R5 Turbo Maxi qui s’est illustrée en rallyes asphaltes comme au Tour de Corse. Pour parfaire la filiation, la R5 Turbo 3E que l’on avait surtout vue en jaune et noir arborait les mêmes couleurs rouge et bleu de la Turbo Maxi. Il se dit aussi que la Turbo 3E prêtera sa base technique (ou au moins une partie) ) la future Alpine A110 électrique.

Nouveaux constructeurs, artisans et restomod

J’ai regroupé dans ce chapitre un ensemble d’entreprises plus ou moins artisanales qui viennent se positionner sur le marché des supercar et automobiles d’exception suivant différentes approches, nouveaux constructeurs, artisans, carrossiers, restomods… Notons que s’éloignant de la mode récente des électriques aux puissances effarantes, les créations proposées sur Ultimate Supercar Garage 2026 préféraient du moteur thermique, et souvent des boites mécaniques.

Rappelons par ailleurs que le restomod, contraction de restauration et modernisation (ou modification selon les écoles), consiste à prendre une auto existante, plus ou moins ancienne et à la moderniser, tant sur le plan  technique qu’esthétique, tout en respectant l’esprit de la voiture d’origine. L’un des spécialistes les plus connus est probablement le californien Singer qui est spécialisé dans le restomod de Porsche 911 (et qu’on espère voir en 2027 ?). Voyons cela, toujours dans tout l’ordre alphabétique.

Bertone est probablement le nom le plus connu de cette liste, le carrossier italien ayant dessiné une bonne partie des plus belles voitures italiennes des années 1950 – 1980 : Alfa Romeo Giulietta, Giulia et Montreal, Lamborghini Miura, Espada et Countach, Lancia Stratos… et un nombre incalculable de concepts qui ont fait les beaux jours de salons automobiles comme celui de Genève. C’est justement l’un de ces concepts, le Runabout de 1969 qui a inspiré le Runabout 2026, dont c’était la première présentation publique mondiale sur le salon. Sa ligne très en coin était à la mode dans les années 1960, et son aménagement imité du nautisme lui a donné son nom. Si le Runabout 1969 était un pur « show-car », on a retrouvé ses lignes par la suite dans la Fiat X1/9 ou la Stratos. Le Runabout 2026 reprend le style général de 1969, avec les parties hautes et basses séparées par une ligne rouge, les ailes proéminentes, l’arceau central, le moteur en position centrale arrière…

Mais cette fois, le Runabout sera produit en petite série (25 unités), 2 versions étant prévues, barquette ouverte ou targa (toit amovible). Comme en 1969, l’intérieur du Runabout prend ses sources dans le monde du nautisme. Le moteur est un V6 3,5L turbo de 475 chevaux (vraisemblablement d’origine Toyota) associé à une boite manuelle. Le Runabout se présente comme le premier modèle d’une gamme « Classique » trouvant ses sources dans les concepts cars Bertone du passé.

La GB110 est aussi la première d’une gamme dite « hypercars », GB pour Giovanni Bertone, fondateur de l’entreprise en 1912, 110 pour l’âge de l’entreprise lors de sa présentation initiale en 2022. Son design se présente comme un hommage à l’héritage Bertone, associant fluidité des années 1950 aux formes anguleuses des années 1970. Si l’arrière est assez « classique », l’avant se caractérise par un large spoiler carbone et un nez à 2 niveaux avec une sorte d’aileron au-dessus de capot avant. Le moteur V10 biturbo de 5.2 L et 1124 chevaux est associé à une transmission automatique à 7 rapports à double embrayage. 33 exemplaires de cette supercar sont prévus, évidemment très personnalisables.

Eccentrica est une jeune firme italienne qui se lance dans le restomod avec sa V12 (tout simplement) sur la base de la Lamborghini Diablo. On retrouve la ligne générale de la Diablo légèrement modernisée, un peu plus affutée. Si les phares escamotables sont conservés, de fins feux de jour à LED sont intégrés au-dessus de la calandre. Modernité oblige, les jantes sont plus grandes 19 pouces au lieu de 17). L’arrière est sensiblement modifié, avec 2 prises d’air sur les côtés du toit et une double ouverture qui laisse voir le moteur (au lieu d’un capot fermé avec des ouïes d’aération sur la Diablo).

Par contre, les portes s’ouvrent toujours en élytre, et l’intérieur bien que modernisé aussi reste dans le concept de la Diablo. L’Eccentrica V12 conserve le V12 5.7 atmosphérique dérivé de celui de la Diablo, en position centrale arrière et associé à une boîte manuelle à 6 vitesses. Toutefois, il a été revu et sa puissance passe à 550 chevaux.

HWA est une société allemande créée par Hans Werner Aufrecht, l’un des co-fondateurs de AMG. Si HWA est surtout connue comme la banche compétition d’AMG et l’une des écuries majeures des courses de DTM allemandes (championnat de voitures de tourisme), l’entreprise a annoncé un restomod de la mythique Mercedes-Benz 190 E 2.5 Evo II. Cette berline dérivée initialement de la 190 E 2,5 litres pour les courses de DTM a connu une toute petite production routière. HWA veut en proposer une interprétation moderne, avec une série limite à 100 unités. Aileron énorme dans le style de la 190 EVO II, ailes très élargies, structure renforcée, carrosserie en fibre de carbone ; pour que le ramage suive le plumage, elle embarque un V6 3,0l biturbo Mercedes-AMG de 450 chevaux pour une vitesse maximale de 270 km/h, avec en option un pack « Affalterbach » qui passe la puissance à 500 chevaux pour 300 km/h en pointe.

Basée à Turin, Laffite Automobili a été créée par Bruno Laffite, neveu de l’ancien pilote de F1 Jacques Laffite. Le premier modèle proposé est la LM1, inspiré comme son nom le laisse entendre par les prototypes du Mans. 24 unités sont prévues, comme les 24 heures de la course. Le V8 biturbo de 3,9 litres fournit 750 chevaux et reçoit l’appoint d’un moteur électrique pour délivrer un total de 1000 chevaux. Bien qu’homologuée pour la route, la LM1 sera clairement plus à son aise sur un circuit.

Encore un nouveau constructeur italien avec Automobili Mignatta qui présentait la Rina, son premier modèle. La Rina adopte l’esprit « barchetta », voiture découverte très légère (autour de 1000 kg), monocoque fibre de carbone et kevlar, moteur V8 atmosphérique de 5 litres en position centrale avant pour une puissance avoisinant les 500 ch, boîte manuelle à six rapports. Mignatta présente la Rina comme « une petite voiture analogique et légère, avec une mission précise : défendre la pureté du plaisir de conduire ». La production sera limitée à une dizaine d’unités par an, les premières livraisons étant prévues en 2027.

Steve Nichols, co-fondateur de Nichols, a été Directeur Technique de l’équipe de F1 McLaren pendant de nombreuses années, et notamment à l’époque de la MP4/4 de 1988, quand Alain Prost et Ayrton Senna ont gagné 15 des 16 Grand Prix de la saison. Pour la N1A, première création de sa nouvelle entreprise, Steve Nichols ne cache pas s’être inspiré de la toute première McLaren M1A. Plus grande, plus large et évidemment plus confortable qu’une barquette de course des années 1960, la Nichols N1A se veut une voiture pour ceux qui cherchent à retrouver des sensations « pures » et s’éloigner des sportives édulcorées. 3 options moteur V8 Chevrolet sont disponibles, de 460 à 650 chevaux, avec boite méca à 6 rapports. Comme le poids est annoncé à environ 900 kg, la Nichols N1A devrait être une belle machine à sensations !

L’Officine Fioravanti est une entreprise suisse mais qui a ouvert un établissement en Italie, afin d’être au plus près du vivier de la Motor Valley, où se concentrent une grande partie des spécialistes de l’automobile d’exception (Ferrari, Lamborghini, Maserati, Pagani pour n’ne citer que quelques-uns). Fioravanti se spécialise dans la remise à jour de quelques icones de l’automobile, principalement italienne. Outre une Ferrari Testarossa « ouverte » pour expliquer son mode de travail, Fioravanti exposait une transformation de l’Alfa Romeo Disco Volante. La Disco Volante est une petite série de prototypes développés par Alfa Romeo et Touring au début des années 1950, expérimentant des solutions aérodynamiques empiriques de ces années. Cette Disco Volante (soucoupe volante en italien) est restée célèbre par son design.

Moins connue, une toute petite série de Disco Volante avait été construite par les mêmes Alfa Romeo et Touring dans les années 2010 sur la base d’une Alfa Romeo 8C. C’est cette Disco Volante que reprend Fioravanti, notamment sur le plan mécanique. Fioravanti avait déjà retravaillé l’Alfa Romeo 8 C, et repart de cette base pour sa Disco Volante Manuale, équipée d’une boite de vitesse manuelle, avec pour but d’intensifier le plaisir de conduite Si la ligne n’est que très légèrement modifiée, l’intérieur évolue sensiblement, notamment pour inclure la nouvelle boite de vitesse, avec un levier classique, une grille métallique surélevée. Suspensions actives, freins carbone-céramique, pièces de carbone pour gagner en poids complètent le travail de modernisation.

Si Praga est encore peu connue et récent dans le monde des supercars, la marque tchèque s’appuie sur une longue histoire industrielle qui remonte au début du 20me siècle. Jusqu’à la 2ème guerre mondiale, Praga fabriquait des voitures (plus que Tatra ou Skoda), motos, camions, bus, machines agricoles et même des avions. Après la guerre, Praga est assigné à la construction de camions, puis simplement de systèmes de transmissions pour les autres constructeurs tchèques. Depuis les années 1990, Praga a repris la construction de motos (principalement d’enduro) et de camions, avec plusieurs participations au Paris-Dakar.

Praga s’appuie donc sur une expérience industrielle et d’ingénierie solide, mais la Bohema présentée en 2022 et entrée en production en 2024 sort nettement du cadre habituel de l’entreprise. Annoncée pour une production limitée à 89 exemplaires, la Bohema s’exposait sur le salon Ultimate Supercar Garage en 2 modèles, d’une part une version « production » (la bleue) et d’autre part le tout premier châssis qui n’avait jusqu’ici jamais été présenté en public. La Bohema a plus l’allure d’une voiture de course que d’une GT, et se rapproche de la philosophie d’une Aston Martin Valkyrie : une voiture homologuée sur la route, mais plutôt destinée à enchainer les tours de piste qu’à aller chercher le pain.

D’ailleurs l’accès au poste de conduite (de pilotage ?) s’apparente à celui d’un prototype d’endurance. Madame n’y entrera pas en escarpins et robe de soirée ! Plutôt qu’un V12 ou une configuration hybride, Praga a fait le choix d’un V6 biturbo 3,8 litres, issu de la Nissan GT-R mais totalement revu. Une cartographie spécifique et un carter sec permettent de délivrer 710 chevaux, et ce choix moteur offre aussi un avantage de poids significatif puisque Praga revendique de rester en dessous des 1000 kg !

Quarkus est un jeune constructeur français qui ambitionne de se positionner sur le maché des supercars, mais avec une proposition différente. L’accent est mis sur la légèreté plutôt que la puissance, puisque en s’appuyant sur un châssis et une carrosserie carbone et kevlar, l’ensemble devrait peser environ 600 kg, permettant de se contenter d’un petit moteur hybride pour obtenir les performances escomptées. Pour illustrer ses objectifs, Quarkus exposait une coque carbone nue. La marque vise plutôt les amateurs de conduite sportive et de « track days » que ceux recherchant le raffinement d’un habitacle luxueux.

Avec sa GT Hypercar, RML propose une interprétation d’une GT ultime inspirée des Hypercars du Mans. Sur une base 911 GT3, RML installe une carrosserie carbone plus large, aéro sophistiquée et aileron arrière mobile, une prise d’air sur le toit style Porche GT1, et modifie le moteur pour délivrer jusqu’à 900 chevaux en conditions extrêmes. La RML GT Hypercar promet radicalité sur piste et raffinement sur route !

SM2 propose une remise à niveau complète de la mythique Citroën SM. Si la célèbre GT de Citroën est arrivée sur le marché au mauvais moment (difficultés de Citroën, crise pétrolière et économique), il faut bien reconnaitre aussi que les utilisateurs ont connu quelques déboires et que le réseau n’était pas forcément formé à son entretien délicat. Après une période de désaffection, la SM retrouve l’intérêt des amateurs et collectionneurs. SM2 retravaille la SM en profondeur : mécanique revue, espace moteur réorganisé et plus accessible, électricité et hydraulique fiabilisée… La voiture est allégée, ce qui associé à l‘optimisation mécanique offre un meilleur agrément de conduite associé à des performances supérieures. Par contre, la ligne de la SM ne subit pas de changement.

Les Italiens sont décidément omniprésents dans cette section. Stoccarda marche sur les traces de Singer, avec un splendide restomod sur base de Porsche 911. La première réalisation présentée est sur une base de 911 Type 964 de 1992, avec un design inspiré par la 911 S/T de 2023. Si le moteur 3,6 litres ne subit pas de modification majeure, de nombreuses pièces de carrosserie et d’intérieur (comme les baquets Sparco) sont en carbone, les suspensions sont réglables, le freinage, déjà excellent, est optimisé. Si l’intérieur du modèle exposé était superbe, chaque client peut évidemment le personnaliser son goût.

Les Marchands

La plupart des grands marchands internationaux de voitures d’exception avait choisi d’exposer à Rétromobile plutôt que sur Ultimate Supercar Garage, choix qui peu s’expliquer car s’ils proposent des supercars, ils offrent aussi une gamme de voitures plus anciennes voire d’avant-guerre. Toutefois, quelques-uns avaient fait le choix de ce nouveau lieu, avec une belle sélection. Voici 2 exemples de marchands français ayant fait le choix Ultimate Supercar Garage.

Dès l’entrée du salon, BEMA exposait quelques pépites Ferrari F40 et SF90 XX, Ford GT40, Lamborghini Aventador SV, McLaren 675LT, Porsche 911 GT2 RS… On peut regretter la puissance des spots qui gènait un peu la vision et surtout les photos.

Moteur & Sens est l’un des spécialistes français de la voiture de sport et d’exception, et la sélection exposée reflétait cette image : Aston Martin GT12, Ferrari F40, Ford GT, McLaren Senna, Porsche Carrera GT… quelques détails : l’Aston Martin GT12 de 2007 est une Vantage en version ultra sportive construite à seulement 100 exemplaires, avec un V12 atmo de 600 chevaux. Après la GT40, la GT de 2005, la GT 2017 correspond à la 3ème génération Ford extrêmes, avec un V6 biturbo de 650 chevaux.

La McLaren Senna est un modèle unique dans cette couleur verte laissant apparaitre le carbone de la carrosserie. La Porsche Carrera GT est l’une des supercar de l’histoire de Porsche, présentée en 2000. Même s’il n’a pas connu la compétition, son V10 atmosphérique de 600 chevaux a été développé pour la course d’abord la F1 puis l’endurance. Avec 26000km, cette Carrera GT avait quand même roulé (ça ne fait toutefois qu’environ 1000km par an), assez rare dans ce marché des supercar où beaucoup de voitures ne quittent pas le garage ou leur salle d’exposition.

Autres exposants

En plus des constructeurs et marchands de voitures, plusieurs entreprises gravitant dans le monde du luxe ou dans l’écosystème de la voiture d’exception étaient présents : horlogers, prestataires de service, podium rotatif, artistes, jet d’affaires, clubs… Partenaire du salon, « The Supercar Owners Circle » est un club très sélect qui exposait 2 autos rarissimes, une Pagani Zonda LM (pour Le Mans), version « routière » de la Zonda R qui était une pure pistarde, et une Capricorn, voiture allemande dessinée par Zagato, également vue sur le stand Chopard de Rétromobile (voir le chapitre « Horlogers » du CR Rétromobile).

Un salon riche (dans tous les sens du terme) où les amateurs de voitures d’exception pouvaient rêver, admirer, approcher des voitures d’ordinaire inaccessibles, et dans un cadre soigné et confortable, à l’image des bijoux exposés !

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