Du 28 janvier au 1er février 2026, Paris, France
Voici la 2ème partie concernera principalement les marchands de voiture d’exception, maisons d’enchères, musées et clubs. Et retrouvez la 1ère partie de l’article sur Rétromobile 2026, parue il y a quelques jours, consacrée aux expositions thématiques et aux constructeurs.
Les Marchands
Comme chaque année, Rétromobile est le grand rendez-vous les marchands français et internationaux de voitures d’exception. La présence de maisons venues de toute l’Europe confirme la place majeure tenue par Rétromobile Paris dans l’univers de la voiture de collection qui proposent à leurs clients des sélections toujours plus impressionnantes ! La qualité de présentation et le niveau des voitures proposées en font un rendez-vous incontournable tant pour les acheteurs que pour les amateurs. Les avant-guerre et oldtimers sont finalement assez peu nombreuses, hormis des marques prestigieuses comme Bentley, Bugatti, Delahaye, Hispano-Suiza, Mercedes, Rolls-Royce, Talbot…
Dans les modèles après-guerre, Ferrari, Mercedes et Porsche sont globalement les plus nombreuses. Sans les avoir comptées, je pense que Ferrari était la marque la plus représentée, mais que la 300 SL « gullwing » était le modèle présentant le plus d’exemplaires (en considérant que la Ferrari 250 GT dans ces différentes configurations de châssis et de carrosseries ne correspondent pas à un seul modèle). Plutôt que de tenter une liste exhaustive (et sans doute fastidieuse à la lecture), j’ai choisi de mettre en avant dans l’article quelques voitures par marchand, les autres étant toutefois présentées en photos. Et de présenter les marchands, comme les constructeurs, dans l’ordre alphabétique.
Atelier des Coteaux
Grand spécialiste français des Jaguar, l’Atelier des Coteaux présentait naturellement une sélection de Type E et une XK 140 de 1957 intégralement restaurée. On admirait aussi quelques italiennes avec une Ferrari 250 GT « Berlinetta Lusso » de 1964 ou une très rare Lancia Flaminia Sport Zagato de 1961, reconnaissable à son toit à 2 bulbes typique Zagato, peut être l’une des plus belles créations Zagato.








AVC Prague (République Tchèque) exposait une Hispano-Suiza H6B carrosserie Kellner de 1923, jamais entièrement restaurée, mais toujours entretenue, qui conservait encore de nombreux éléments d’origine, notamment une grande partie de son intérieur cuir.
Axel Shuette
Axel Shuette (Allemagne) mettait en vedette 3 splendides Talbot-Lago T26 Grand Sport « châssis court ». Bien que réalisées par des carrossiers français différents, les trois autos présentaient le même style de profil aérodynamique, ce qui magnifiait l’ensemble. La T26 Grand Sport « Saoutchik » bicolore bleu pâle et brun de 1948 est le premier châssis de ce modèle sorti d’usine, et équipé du moteur « Grand Sport » de 190 chevaux. La T26 Grand Sport Figoni & Falaschi bleue, 1948 également, est un modèle unique, original avec son phare central. La T26 Grand Sport de 1949 grise est l’un des 3 châssis carrossé par Antem, équipé ici du moteur « Grand Prix » de 260 chevaux.






Citons encore une BMW 3.0 CSL « Batmobile » de 1974, modèle d’homologation de la version course, deux Mercedes 300SL, coupé Gullwing et roadster, et pour rester dans les allemandes une BMW 507 roadster rouge.


Chez Eberhard Thiesen (Allemagne), 2 fleurons de l’automobile de luxe germanique des années 1930, un Mercedes Benz 500 K cabriolet A (1934) et encore au-dessus dans le luxe et le prestige, un cabriolet Maybach DS8 Zeppelin Streamline (1934 également). La Ferrari 275 GTB/4 de 1967 exposée a appartenu à l’écurie suisse Filipinetti, et est en configuration Compétition, donc prête pour les courses historiques.


2 modèles uniques chez Christoph Grohe (Suisse) une Delahaye 135 MS CL Spéciale de 1953 est en fait un prototype de la Delahaye 235, et une Chrysler Crown Imperial offerte par les Etats-Unis au Vatican. Carrossée par Ghia en 1954, elle a été le moyen de transport officiel de 3 papes, Pie XII, Jean XXIII et Paul VI.



Fiskens
Chez Fiskens (Angleterre), difficile de choisir l’exceptionnel, entre la Brawn GP 001/01 de 2009, 1er châssis construit de la F1 Championne du Monde cette année-là avec Jenson Button, l’Alfa Romeo 8C 2300 Zagato 1931, vainqueur de plusieurs courses en 1931, le Prototype de Ford GT40 Mk III « de route » 1966, une Mercedes-Benz 680 S de 1927 pour amateurs d’anciennes, ou une Bugatti Chiron 110 Ans, série spéciale de 20 unités sur base de Chiron Sport 1500 chevaux pour les 110 ans de Bugatti pour ceux qui préfèrent les supercars plus récentes.












Gallery Aaldering
La Gallery Aaldering (Hollande) offrait un choix de Ferrari, anciennes comme les 250 GT SWB 1962 ou Lusso 1964, une Daytona, ou supercars avec le choix entre F40, Enzo ou LaFerrari Aperta (Spyder). Toujours en supercars, une Carrera GT ou une Bugatti Veyron, très rare également une Wiesmann GT MF5 de 2012, constructeur allemand confidentiel sur base de BMW.








On découvrait aussi quelques autos d’avant-guerre entre luxe avec une Hispano-Suiza J12 carrossée en cabriolet par le Belge D’Ieteren Frères en 1936 dont les places arrière bénéficiaient d’une vitre de protection, ou (beaucoup) plus sportive avec une Maserati de Grand Prix 8CM de 1933.



Girardo
Où voir en même temps la séquence de supercars Ferrari, celles que certains appellent le « Big Five » ? Au musée Ferrari de Maranello, ou alors que le stand Girardo (Angleterre) de Rétromobile avec une 288 GTO, une F40, une F50, une Enzo et une La Ferrari, toutes en rouge !








D’ailleurs Girardo avait choisi de n’exposer que des Ferrari, avec en vedette centrale la 275P LM, double vainqueur des 24 Heures de Mans 1963 (en 250P) et 1964. Cette auto est ainsi la seule Ferrari à avoir remporté 2fois les 24 Heures du Mans !



Parmi les Ferrari plus anciennes, plusieurs 275 GTB, dont une achetée neuve par Jean Paul Belmondo, couleur Rouge Rubis à la demande d’Ursula Andress !



Gobin (France) est un spécialiste de l’entretien et de la restauration de Porsche, et proposait donc plusieurs 911, dont une 911 2 litres – 130 chevaux de 1964 couleur ivoire, faisant partie des toutes premières produites par Porsche. L’origine d’une très longue lignée !




JMB Classic (France) est de son côté spécialisé dans les GT et prototypes d’endurance, restaurés, entretenus et préparés pour les courses historiques. JMB Classic alignait plusieurs de ces proto prêts à aller affronter Le Mans Classic : BMW V12 LM 1999, Pescarolo 01 2007, Peugeot 908 V12 2008 et à coté une Bugatti « Centodieci », hommage à la Bugatti EB 110 construite à 10 exemplaires en 2022 sur base de Chiron, avec un W16 développant 1600 chevaux. Rarissime, et encore plus rare d’en apercevoir une. Alors pouvoir tourner autour…






HK Engineering est un spécialiste allemand de la Mercedes 300 SL réputé, et cette année, une seule auto exposée, mais une rareté, puisqu’il s’agissait de l’une des 300 SL carrosserie aluminium et moteur compétition (seulement 29 exemplaires). Parfaitement restaurée, dans une sublime combinaison de peinture gris argent et intérieur rouge.


Joe Macari
Le stand de Joe Macari (Angleterre) présentait un panel de la compétition automobile : F 1 avec la McLaren MP4/5 A (2000, vainqueur à Monaco avec David Coulthard), endurance avec une Audi R18 TDI Ultra (2011) et une McLaren F1 GTR (1996), GT avec une Maserati MC12 GT1 et DTM avec une Mercedes-Benz Classe C (2005 – ex Mika Hakkinen). Ces bêtes de course étaient accompagnées de quelques supercars, une autre Maserati MC 12, de route cette fois, une Ferrari LaFerrari, une Ford GT (version réservée à la piste de 2005) ou une Porsche 911 mais revue par Singer. Les amateurs d’autos plus anciennes n’étaient pas oubliés, avec une Ferrari 250 GT SWB California Spyder de 1961.








Kidston
Autre grand nom britannique du marché, Kidston présentait deux McLaren F1, une version route et une version course LM, quelques Ferrari, 166 MM Berlinetta 1950 carrossée par Touring, Ferrari 275 GTB/4 1967 ou 365 GTS/4 Daytona Spider. L’Aston Martin DBS Vantage 1968 était présentée dans un décor de sable et d’écran, car il s’agit de la principale Aston Martin du James Bond de 1969 « Au Service Secret de Sa Majesté », récemment restaurée et qui a même retrouvé son immatriculation d’origine.








Lukas Huni
Grand stand aussi pour le suisse Lukas Huni qui présentait une impressionnante sélection de Ferrari 250 GT : Coupé Boano 1956, Berlinetta Tour de France 1958, SWB Berlinetta 1961, 250 GT Lusso Berlinetta Scaglietti 1963, complétée par une 275 GTB Short Nose 1965 et une 365 GTB/4 Daytona mauve, une couleur rare mais sans doute pas facile à porter.










2 autres italiennes rares, 2 Lancia, une très belle Aurelia B24 S Spider America 1955 et une Flaminia Sport Zagato de 1959, une des toutes premières Flaminia Zagato avec carrosserie aluminium préparée pour les courses sur route. Ici aussi, une Mercedes 300 SL Gullwing était proposée à la vente, modèle unique par sa couleur, créée pour son premier propriétaire l’armateur grec Stavros Niarchos, identique à la couleur de ses tankers !





L’une des voitures les plus exceptionnelles exposées, et peut-être même du salon, était cette Bentley Speed Six H.J. Mulliner 2 places de 1929, avec le moteur 6,5 litre. Ce modèle est unique par sa carrosserie, mais se distingue aussi par son histoire : elle n’a connu que 2 propriétaires, le premier durant 53 ans et qui a parcouru avec 800 000 Miles (soit près de 1,3 millions de km), tandis que le second propriétaire y ajoutait la bagatelle de 500 000 Miles (soit plus de 800 000 km) ! Très certainement la Bentley qui a le plus roulé dans le monde ! Cette Bentley, comme plusieurs autres voitures exposées sur le stand Lucas Huni appartiennent à des collections privées et n’étaient pas à vendre, faisant du stand un mélange commercial et musée.



Chez Mecanicus (France), on notait une Lamborghini 350 GT de 1965, produite à seulement 120 exemplaires, le début de l’aventure à Sant’Agata Bolognese ainsi qu’une Renault 5 Turbo Groupe 4 de rallye (1980) dans sa livrée Calberson.





Compétition aussi avec Mechanic Modern & Classic (France) qui exposait une Ferrari BBLM (dérivée de la Ferrari 512 BB pour les courses d’endurance) et une Porsche 962 KREMER (1988).


Installé en Normandie (France), Paul’s Classic Cars est un spécialiste des sportives anglaises, notamment les roadsters typiques british Austin Healey, MG ou Triumph qu’il proposait sur son stand, à côté d’une Ford GT 40 « Replica ».



Rock N Roll
Venu de Belgique, Rock N Roll avait amené quelques pépites, comme cette Aston Martin V12 Speedster 2021 « Maverick Edition ». L’Edition Maverick est une série spéciale de quelques exemplaires du déjà rare Speedster (seulement 88 unités produites), avec quelques aménagements de décoration et de carrosserie spécifiques par le département « Q » de Aston Martin, et propulsé par un V12 biturbo de 700 chevaux ! Dans un style très différent, la Porsche 935 DP de 1980 est une version « route » de la 935 de course, faite à 4 exemplaires seulement par DP Motorsports qui avait contribué au développement de la 935.





Saga Classic
Saga Classic (France), un des grands spécialistes Mercedes, présentait plusieurs générations de roadsters/cabriolets SL du 4 cylindre au V8, 190 SL, 300 SL, 250 et 280 SL Pagode, puis les générations plus récentes 500SL et 560 SL. L’une des 190 SL présentées a été entièrement restaurée et présentée dans un style 300 SLR, à coté d’une authentique voiture de course, une SLS AMG GT3 vainqueur des 24 Heures de Dubai 2012.






Thiesen
Thiesen (Allemagne) proposait sur son stand plusieurs voitures de course : Porsche 904/6, une des rares Porsche 904 à avoir reçu un moteur 6 cylindres, Bizzarrini 5300 GT de 1965 en version Compétition, Ferrari 365 GTB/4 Daytona Groupe 4 (1972) ou encore Porsche 935 K3 (1980) reconnaissable à son avant aplati et son arrière monstrueusement large. Quelques très désirables GT aussi comme une Aston Martin DB 4 GT « Zagato » de 1961 ou Mercedes-Benz 300 SL Coupé 1957 dans un bleu clair original.








Très logiquement, Vintage Bentley proposait 2 Bentley, une 4½ Litre de 1928 et une 3 Litre de 1925, des autos qu’il devient évidemment de plus en plus rare de rencontrer.


Maisons d’enchères
La Grande Vente Gooding Christie’s
En 2026, Gooding Christie’s remplaçait Artcurial comme maison d’enchères majeures sur le salon Rétromobile. Il y avait moins de voitures à vendre que les années précédentes, mais la qualité était là, et les autos étaient disposées pour être bien visibles. Gooding avait aussi choisi de les grouper par thèmes, anciennes, sportives, supercars… La vente a été globalement un joli succès avec plus de 50 millions d’Euros d’enchères. Commençons par les 3 plus importantes, avec 2 Ferrari.



La Ferrari 288 GTO reprenait la célèbre appellation GTO inaugurée par la 250 GTO, et est considérée comme la première Supercar de Ferrari. Ferrari avait développé la 288 GTO en vue d’une homologation en Groupe B (d’où le GTO). La spécification Groupe B a été supprimée avant que Ferrari soit prêt, mais la 288 GTO a quand même été produite à 272 exemplaires. Celle-ci n’a connu que 2 propriétaires et a roulé à peine 1500 km, en faisant une voiture exceptionnelle, adjugée plus de 9M€.


2ème prix pour une Ferrari FXX K EVO de 2018, vendue près de 7 M€. Ce modèle fait partie de la série XX, des Ferrari développées exclusivement pour la piste, sans homologation routière. La FXX K EVO est une version ultime de la supercar LaFerrari, produit à seulement une quarantaine d’exemplaires.


La Talbot-Lago T150-C « SuperSport » de 1938 carrosserie « Goutte d’eau » Figoni et Falaschi s’est installée sur la 3ème marche du podium à 6,75 M€, perturbant l’hégémonie Ferrari de cette vente. Le châssis de la T150-C est dérivé des modèles de compétition, et dispose du robuste et puissant 6-cylindres en ligne de 4 litres. Cette voiture a participé à de nombreux concours d’élégance, aussi bien lors sa sortie en 1938 que dans les années passées, gagnant de nombreux prix.


Une autre Ferrari FXX EVO, de 2008 celle-ci et sur base Enzo, mais avec un moteur, un châssis et des suspensions optimisés a été la 4ème vente, à près de 5,5 M€. La Ferrari Monza SP1 de 2021 s’est aussi bien vendue, par contre 2 autres Ferrari mises en lumière avant la vente, deux Ferrari 250 GT, une LWB California Spider de 1958 et une SWB Berlinetta 1960, mais n’ont pas trouvé preneur.




Parmi les autres GT proposées, citons 2 Aston Martin DB Mk III (1958) et DB4 Series II 1960, une BMW M1, une De Tomaso Pantera, une Lamborghini Miura P400 SV (adjugée près de 3,4M€), plusieurs Maserati 5000 GT Coupe, Mistral, Ghibli 4.7 Spider, Ghibli 4.9 SS Coupe.








Coté « oldtimers », les 4 Alfa Romeo 6C de la collection Cherrett (3 spiders et une berline) ont toutes trouvé un nouveau propriétaire, tout comme la Bugatti Type 57C Atalante. Par contre, la Hispano-Suiza H6B « Splendid » qui portait bien son nom est toujours disponible.





Outre sa zone enchères, Gooding Christie’s exposait sur un stand à part quelques autos en vente privée avec le choix entre une Pagani Utopia 2024, Porsche 718 RS 61 Spyder de 1961 ou encore une Maserati 250 F de 1954.




Aguttes
Aguttes annonçait sa future vente de printemps (15 mars 2026) avec une Ferrari 599 GTO de 2010, mais proposait aussi quelques autos en vente privée, une Bugatti Type 46, site « Petite Royale » de 1929 (avec quand même un moteur 8-cylindres de 5,3 L), une Maserati 6CM de 1936, voiture d’usine en Grand Prix, une Ferrari 365 GTB/4 Daytona « Compétition » de 1971, ou encore un modèle unique quelque peu extravagant, une voiture de plage créée par Michelotti en 2010 sur la base d’une Ferrari 365 GTC/A !










Broad Arrow
Chez Broad Arrow, une Bugatti Type 43 Roadster de 1929 côtoyait une Mercedes-Benz 300 SL Gullwing “Rouge Pompier”, qui serait l’avant-dernière 300 SL produite par Mercedes.


Collecting Cars
Collecting Cars qui propose des enchères en ligne 24/24, les pépites étaient une Porsche 911 GT3 R Rennsport de 2024, voiture réservée au circuit, mais libre d’homologation et donc poussée aux limites, une Koenigsegg Agera RS (2016 – 25 exemplaires) propulsée par un V8 biturbo de plus de 1000 chevaux, et un prototype sur base de Porsche 911 Type 964 Carrera 4, dit « Patagonia » conçu (en principe) pour affronter les conditions de piste les plus ardues. Preuve de concept devant aboutir à une petite production, cette voiture extrême est restée à l’état de prototype unique.



Osenat
Osenat proposait également en ventes privées 2 voitures très différentes, une Bugatti 43 Grand Sport 1928 et une supercar Ferrari SF90 Spider (2025).


RM Sotheby’s
RM Sotheby’s présentait sur son stand quelques enchères à venir et ventes privées. La McLaren F1 LM 1997 est l’une des 10 configurée en « Long tail » (longue queue), ayant participé aux 24 Heures du Mans 1997 et gagné quelques courses en GT. La Ferrari 250 GT SWB Berlinetta « Scaglietti » de 1962 a trouvé preneur depuis sa présentation sur le salon. La Porsche 911 DLS Turbo est une e 911 Type 964 (largement) revue par Singer, maison US spécialisée dans le Restomod (très) haut de gamme. Ayrton Senna a remporté 2 Grand Prix avec la Lotus-Renault 98T de 1986, la dernière à avoir la célèbre livrée JPS noire et or. Avec son moteur Renault Turbo qui délivrait plus de 1000 chevaux en qualification, cette Lotus Renault correspond à l’une des périodes les plus extrêmes de la F1.





Musées et institutions
Chaque année, plusieurs musées automobiles profitent du salon pour faire découvrir quelques joyaux de leurs collections. En 2026, 2 musées se partageaient la vedette, le Musée National de l’Automobile de Mulhouse qui exposait plusieurs de ses Bugatti autour de l’autorail (voir l’article 1ère partie), et le Musée des 24 Heures du Mans, rebaptisé M24 qui annonçait sa réouverture pour le 28 mai 2026, dans un cadre largement agrandi et avec une collection également très étendue. En effet, le nouveau musée présentera à la fois la collection 24 Heures du Mans bien connue, représentée à Rétromobile par une Porsche 963 et une partie de la collection Richard Mille couvrant la F1, les rallyes les courses US, avec en représentante une F1 Maserati 250F de 1957, la seule à avoir reçu le moteur V12.





Comme chaque année, le Musée de la Gendarmerie (Melun, France) met en avant quelques autos de son parc routier historique, avec 2 Alpine A310. A Puteaux, près de Paris, un petit musée expose une collection De Dion Bouton dont l’usine se trouvait dans la ville. Ce musée, qui n’est ouvert que quelques samedis par an en visite guidée, présentait sur son stand un original Taxi Landaulet de 1923.


Autre grand salon européen de la voiture classique, Auto e Moto d’Epoca (Bologne, Italie du 23 au 26 octobre 2025) attirait l’œil avec une Lancia D24 de 1953, une auto qui a remporté la Carrera Panamericana, les Mille Miles et la Targa Florio en 1954.
La FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) propose aux collectionneurs de nombreux services, et avait choisi cette année d’exposer une Simca Gordini Type 8 de 1939. Sur le stand de la FIVA, une Mercedes 540K de 1936 sortant de restauration, l’une des deux restantes en Inde.


Sur son espace Rétromobile, la FIA présentait 2 icones du sport automobile, pour les rallyes une Lancia Stratos HF Group 4 de 1977, et pour la piste une Mercedes-Benz CLK-LM de 1998, développée pour le Championnat du Monde GT-FIA, gagnant toutes les courses du championnat et le titre en 1998. Seul échec, les 24 Heures du Mans, mais qui étaient à cette époque hors championnat du monde. On découvrait aussi Omega-Six, une marque française quasi inconnue qui a produit quelques voitures de sport et de course entre 1922 et 1932. Elle était représentée par une un modèle « 3 Litres Compétition », seule voiture connue de la marque à avoir survécu.




Horlogers
Précision mécanique, objets utiles confinant parfois à l’art, les mondes de l’automobile et de l’horlogerie de luxe se rejoignent souvent. Plusieurs fabricants exposaient dans le cadre de Rétromobile, qui consacrait d’ailleurs un espace spécifique à cette activité. Dans l’espace d’exposition automobile, on retrouvait entre autres Chopard et Richard Mille.
Chopard est depuis 1988 partenaire de la course des Mille Miles, et exposait 2 voitures de course d’avant-guerre, une Bugatti 35C de 1927 qui a couru pendant plus de 20 ans dans les courses européennes, notamment sur routes et en courses de côtes. La seconde était une Alfa Romeo 6C 1750 Gran Sport Zagato de 1930, prêtée par la Musée Alfa Romeo.



Le carrossier Zagato est lui-même très lié à la célèbre classique italienne, aussi il y avait une certaine logique à découvrir sur le stand Chopard la capricorn 01, la 1ère hypercar dessinée par Zagato. Production germano-italienne présentée en 2025, la capricorn 01 est motorisée par un V8 Ford largement retravaillé pour développer environ 900 chevaux. Boite manuelle, instrumentation analogique, cette hypercar est à l’opposé de quelques créations électriques qui ont pu fleurir ici ou là avec des puissances monstrueuses.



Richard Mille était installé en face du stand du Musée M24, et exposait une partie de sa collection, avec un focus sur les 24 Heures du Mans : 250 LM, 275 P, 330 P4, 512 S, 312 PB et la 499P du Championnat du Monde 2025.








Clubs
Composante essentielle de Rétromobile, les clubs auto sont nombreux à exposer, permettant à leurs membres de se retrouver, d’exposer quelques modèles emblématiques de leur marque favorite et de recruter de nouveaux adhérents. J’ai déjà parlé de La Traction Universelle qui exposait sur le stand Citroën un cabriolet Traction 15/6 déjà présent au premier Rétromobile il y a 50 ans. Au club C4/C6 (on parle des modèles des années 1930), le C4G Roadster 1932 se laissait admirer, à juste titre car sans doute la déclinaison la plus désirable de cette gamme.


Les clubs Peugeot jouaient la carte cabriolet, avec les 204, 403 et 404 « cab », tandis que l’Aventure Peugeot mettait en avant un Roadster 302 Darl’Mat qui s’est illustré aux 24 Heures du Mans 1937. Sur le stand des « Amateurs d’Anciennes Renault », on découvrait une petite sportive, une « Tank Burnel », petite barquette développée sur base de 4CV par l’importateur Renault au Maroc pour participer aux courses locales.





Le club Hispano-Suiza présentait une imposante H6C de 1927 châssis extra long, ancienne voiture de Maharaja tout juste sortie d’une importante restauration, avec ses étuis à fusils sur les côtés ! Réunissant les amateurs de « vétérans » le club des Teuf-Teuf proposait aux visiteurs de découvrir des modèles rares, voire uniques comme cette Dexter 1906, voiture de course avec un gros moteur 6 cylindres de 6,5 litres, une UNIC Georges Richard 1910 ou encore une Salmson VAL 3 de 1927 avec une carrosserie skiff très à la mode dans les années 1920.






Citons encore les Clubs Facel Vega avec une Facel FV 2 de 1956, Bugatti avec une Type 35, Volvo avec 2 modèles « Amazon », coupé 2 portes et break, Alfa Romeo ou Mercedes 190 SL.








Quelques stands notables
Sans rentrer dans les différentes catégories, plusieurs stands présentaient des voitures intéressantes et attiraient l’œil des visiteurs, sans que ls autos exposées soient nécessairement en lien direct avec leur activité. Ainsi la société d’assurance TEA Cerede présentait la Bugatti Veyron 501, modèle original puisqu’il s’agit d’une pré série ayant servi aux tests de la Veyron, et notamment aux tests de vitesse sur un lac salé texan. Elle se distingue aussi par sa combinaison de couleurs blanc Pearl et bleue.
Sport et Collection, organisateurs d’évènements et notamment « 500 Ferrari contre le cancer » exposait deux Ferrari, une 512 M 1970/71 (prototype d’endurance avec moteurs 12 cylindres 5 litres), et une Formule 1 312 B2 1971.





D’autres F1 au détour des allées, avec la March 821 1981 chez IDEC Sports, et chez Ligier une JS 27 de 1986, une JS 33B (1990) ainsi qu’une LMP2 Gen 1 de 2014. Citons encore le grand stand de la Maison de l’Artisan du Maroc, qui mettait en lumière les compétences variées des artisans marocains, notamment dans le domaine de la restauration automobile avec une Peugeot 402 en cours de travail.






Motos
Rétromobile réservait à nouveau un espace spécifique consacré à la moto autour de l’exposition Steve McQueen. Triumph, particulièrement en vue sur l’expo McQueen avait installé son stand juste en face. Parmi les autres exposants moto, citons Royal Enfield, Kawasaki et les français Midual et Brough Superior.



Accessoires, jouets, artistes…
Les salons de voitures classiques sont aussi l’occasion pour de nombreux visiteurs de rechercher la ou les pièces manquantes pour leur ancienne. Rétromobile ne déroge pas à la règle, et l’espace dédié aux professionnels de la pièce détachée devient ainsi un immense marché d’une incroyable variété, avec également les spécialistes de la recréation de pièces aujourd’hui introuvables. Les vendeurs de revues, livres et affiches consacrés à l’automobile et au transport sont nombreux, proposant un choix allant du catalogue ancien à la BD en passant par les livres historiques ou les notices techniques.








Si vos moyens ne permettent pas d’acheter une « vraie » voiture, qu’à cela ne tienne, les marchands de miniatures savent vous proposer une large gamme, mais attention certaines maquettes ultra détaillées et complexes peuvent atteindre le prix d’une auto roulante ! Mention spéciale à La Boutique Auto Moto, qui exposait, outre un très large choix de miniatures, une Tyrrell P34, la seule F1 de l’histoire avec 6 roues, dont 4 à l’avant. La P34 a couru en 1976 et 1977, et fêtait donc ses 50 ans. Si la solution a été abandonnée pour différentes raisons, la P34 a quand même gagné un Grand Prix, en Suède 1976.





Enfin, n’oublions pas le traditionnel village des artistes où peintres, photographes et sculpteurs exposent. A Rétromobile, on trouve aussi tous les produits et services à même de compléter la passion ou les besoins des amateurs : assurance, garage, outillage, transport, accessoires de décoration, mobilier et vêtements pour se déplacer en style.
Conclusion
Au terme de ces 2 articles, on peut constater la richesse et la variété de cette édition Rétromobile. La passion automobile, qu’elle soit orientée vers les débuts de l’automobile, les belles carrosseries des années 1920/1930, les sportives d’après-guerre, les supercars ou les youngtimers plus populaires, ou le plus souvent dans une combinaison de ces thèmes, trouve de quoi s’alimenter et s’enrichir.
Les visiteurs découvrent des marques inconnues, des voitures rarissimes, des concepts qui sortent rarement des réserves des constructeurs ou des musées. Avec l’autorail Bugatti et les Art Cars BMW, les organisateurs avaient placé la barre (très) haut, et on attend maintenant avec impatience de découvrir comment ils nous amèneront en 2027 vers d’autres sommets.
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