Du 28 janvier au 1er février 2026, Paris, France
Voici la 1ère partie de l’article sur Rétromobile 2026, consacré aux expositions thématiques et aux constructeurs. La 2ème partie à paraitre dans quelques jours concernera principalement les marchands de voiture d’exception, maisons d’enchères, musées et clubs
Tendances et impressions
Rétromobile 2026 était la 50ème édition du salon consacré à la voiture classique et à la voiture passion. Énorme succès populaire avec un record d’affluence, plus de 180 000 visiteurs, soit une hausse spectaculaire de 24% du visitorat ! La passion auto-moto est bien vivante ! Le succès est tel que les organisateurs annoncent déjà réfléchir à des solutions pour améliorer les conditions d’accès en 2027. Le salon avait bougé dans le Parc des Expositions, et au lieu d’être étalé sur plusieurs halls, il était cette année regroupé sur les 3 étages du hall 7 (hormis une petite section destinée aux ventes de voitures à moins de 30k€). J’ai personnellement trouvé cette nouvelle disposition plus pratique car chaque étage avait ses espaces définis, et il était plus simple de circuler entre les sujets d’intérêt.
Comme chaque année encore, expositions thématiques, constructeurs, marchands, accessoiristes, éditeurs, artistes, musées, clubs et associations offraient aux visiteurs un plateau exceptionnel, couvrant largement l’histoire de l’automobile et toutes les facettes de la passion auto. De plus, un nouveau salon était associé à Rétromobile, avec l’arrivée de Ultimate Supercar Garage faisant la part belle aux Supercars et Hypercars, un autre aspect de la passion mécanique. Un article spécifique est dédié au CR de ce salon.
Avant de rentrer en détails et en images sur cette édition, voici quelques impressions et tendances, avis forcément subjectif. Tendance confirmée encore cette année, les constructeurs automobiles sont de plus en plus nombreux à venir, en s’appuyant sur leur patrimoine pour célébrer un anniversaire ou le lancement d’une nouvelle génération de modèle, parfois les deux en même temps. Ainsi Citroën revenait officiellement, après l’exposition anniversaire DS de l’année dernière, et Opel exposait pour la première fois. L’écart reste toutefois significatif entre des modèles modernes présentés, souvent 100% électriques, et les bijoux sortis des réserves.
Le développement des courses historiques, que ce soit sur circuit ou sur route, explique aussi le nombre croissant de voitures de course proposées à la vente : Formule 1, sport-prototypes ou voitures de rallye, ayant parfois un vrai pedigree ou similaires aux modèles ayant couru, les rendant éligibles aux épreuves historiques. Certaines répliques, « continuations » ou modèles mis à niveau peuvent aussi être éligibles en regard de leur historique, ce qui en augmente sensiblement la valeur. Belle opportunité aussi pour les amateurs de parcourir en quelques heures l’histoire de la course automobile, depuis le début du 20ème siècle aux années 2000.
Autre tendance avec la présence croissante, notamment chez les grands marchands et maisons d’enchères, des supercars, hypercars et autres hyper sportives (les mots finissent par manquer pour classer des autos toujours plus puissantes et extrêmes). Malgré le lancement du salon parallèle dédié aux supercars, la grande majorité des marchands est restée sur Rétromobile (j’y reviendrai plus loin). Une grande partie de ces autos ne sont pas forcément très « rétro », mais Rétromobile est une opportunité unique pour les amateurs d’approcher ces voitures. La plupart des marchands jouent le jeu en présentant des stands bien agencés, mettant les autos en valeurs et en laissant les visiteurs les approcher.
L’affluence oblige parfois à filtrer les entrées pour éviter la cohue, demandant patience de la part des visiteurs. Et j’en profite pour un coup de griffe à ceux qui ne reçoivent que sur « invitation », sous prétexte de sécurité ! La section du salon consacrée aux voitures collectionnables et vendues moins de 30 000€ peut être une opportunité pour se lancer dans l’ancienne avec des moyens limités, car chez les marchands internationaux les tarifs sont forcément (beaucoup) plus élevés.
On attend maintenant avec impatience le programme Rétromobile 2027 qui se déroulera du 3 au 7 février 2026. Entre temps, Rétromobile USA aura proposé un autre spectacle du 19 au 22 novembre 2026 à New York. Avec la passion pour l’automobile aux US et la taille du marché, nul doute que les équipes de Rétromobile proposeront un superbe évènement !
Les Expositions Thématiques
Exposition BMW Art Cars
L’exposition phare de Rétromobile 2026, présentée sur l’affiche officielle, était consacrée aux Art Cars BMW, et plus particulièrement celles qui ont couru aux 24 Heures du Mans. En 1974, Hervé Poulain, célèbre commissaire-priseur et pilote amateur a l’idée un peu folle de faire peindre une voiture de course par un artiste, et de l’engager aux 24 Heures du Mans. Il réussit à convaincre Jochen Neerpasch, directeur de BMW Motorsport, de lui mettre à disposition une BMW 3.0 CSL pour qu’elle soit peinte par Alexandre Calder, l’un des artistes majeurs de l’art moderne. En février 1975, le feu vert est donné, et l’aventure Art Cars démarre.



La 1ère BMW 3.0 CSL « Calder » est engagée aux 24 Heures du Mans 1975, avec au volant les pilotes professionnels Jean Guichet et Sam Posey, et le rookie Hervé Poulain lui-même qui réalise ainsi son rêve. Par la suite, BMW mesure l’impact de la démarche et continue dans cette voie. A ce jour, une vingtaine de Art Cars ont été présentées, à chaque fois une œuvre unique peinte par un artiste renommé de la scène internationale. Toutes les Art Cars sont conservées par BMW, qui en expose quelques-unes à tour de rôle dans son musée de Munich. En 2025, à l’occasion du cinquantenaire de ses Art Cars, BMW a organisé le « BMW Art Car World Tour », prêtant ou exposant quelques voitures pour des évènements ou des expositions de musées à travers le monde.



Pour Rétromobile, BMW présentait les 7 voitures ayant participé aux 24 Heures du Mans entre 1975 et 2024, joliment mises en valeur et disposées en arc de cercle. Outre donc la BMW 3.0 CSL « Calder » placée au centre sur un podium tournant, on redécouvrait le coupé 3.0 CSL biturbo de 750 chevaux « Frank Stella » (1976), la BMW 320 par Roy Lichtenstein (1977) et la M1 « Andy Warhol » (1978).



La série s’arrête pour diverses raisons, mais en 1999 BMW revient au Mans avec la LMR V12, cette fois décorée par l’artiste américaine Jenny Holzer. Si la LMR V12 est bien inscrite aux 24 Heures 1999, un accident lors des premiers essais pousse BMW à retirer ses voitures avant les qualifications. En 2010, le sculpteur Jeff Koons propose pour la M3 une peinture à base de bandes de couleurs vives qui convergent vers le nez de la voiture, donnant ainsi une impression de vitesse.




Enfin, en 2024 BMW revient officiellement au Mans avec son Hypercar M Hybrid V8 peinte par Julie Mehretu. Notons que si les Art Cars n’ont pas toujours connu le succès sur la piste, elles ont toutes marquée des jalons dans la relation entre l’automobile, la course et l’art.
Exposition Bugatti, Autorail & étrangetés mécaniques
C’était certainement l’une des plus grandes attractions de cette édition ! En partenariat avec 2 institutions de Mulhouse, la Cité du Train et le Musée National de l’Automobile, et le soutien de Eiffage Rail, Rétromobile exposait un Autorail Bugatti, une réalisation peu connue et pourtant monumentale d’Ettore Bugatti. Suite à l’échec commercial de la Bugatti Royale, trop chère et surtout apparue dans une période de crise, Bugatti se retrouve avec un stock de moteurs et en sérieuses difficultés. Il a alors l’idée de développer un train rapide utilisant les puissants moteurs de la Royale.



Selon les versions, ces autorails reçoivent 2 ou 4 moteurs, développant jusqu’à 800 chevaux pour les modèles à 4 moteurs. Relativement léger pour sa taille (23 mètres de long, moins de 40 tonnes), l’autorail Bugatti pouvait circuler à 140 km/h en vitesse de croisière, ce qui était remarquable dans les années 1930. Ces autorails, produits à 88 exemplaires (la plupart de 1933 à 1938) ont sauvé Bugatti. Le dernier l’autorail Bugatti a circulé sur les lignes de la Cote d’Azur jusqu’en 1958.



Le modèle exposé est l’unique survivant de cette production, un modèle « Présidentiel » de 23 mètres, entièrement restauré (hormis la motorisation) et habituellement exposé à la Cité du Train de Mulhouse. Il était parfaitement mis en valeur, installé sur une portion de rail, et une estrade (un peu basse) permettait de voir l’aménagement intérieur.


En plus de cet autorail, l’exposition réunissait quelques créations atypiques et méconnues de Bugatti. La Type 56 » En Cas » de 1931 est une petite voiture électrique utilisée par Ettore Bugatti pour se déplacer dans le domaine de Molsheim. Sur la dizaine construite, il n’en resterait que 4. Bugatti est toutefois plus connu pour ses voitures de course, dont quelques exemples rarissimes étaient présentés. La Type 32, surnommée le Tank du fait de sa forme particulière, a été développée pour le Grand Prix de France 1923. Sa carrière fut éphémère, la Type 35 la remplaçant dès l’année suivante. Sa carrosserie légère et compacte en aluminium riveté illustre les premières recherches aérodynamiques. La Type 47 Torpedo de 1928 est un modèle unique équipé d’un moteur 16 cylindres en U, résultant de l’accouplement de 2 moteurs 8 cylindres en ligne. Présentée pour la première fois au public pour ce salon, la Type 47 a participé à quelques courses en Suisse avec succès, mais n’a pas connu de suite.




Autre modèle unique, la Type 59.50B II Sport biplace de 1939 a participé à quelques courses en 1939, remportant notamment le Grand Prix du Luxembourg. Son moteur 8 cylindres à compresseur délivrait environ 500 chevaux, ce qui explique la présence de roues arrière jumelées, sans doute une solution pour passer la puissance. Bien évidemment, la guerre a interrompu tout programme de course. En 1956, la Type 251 est la première monoplace de Formule 1 à moteur arrière. Autre originalité, son moteur 8 cylindres en ligne est disposé en position transversale. Bien qu’originale et très innovante, la 251 n’a participé qu’à un Grand Prix, Bugatti manquant de moyens pour la développer et poursuivre la participation en compétition.




Les voitures de tourisme exposées représentaient les dernières conceptions Bugatti. La Type 64 est la dernière conception de Jean Bugatti, qui devait être présentée au Salon de Paris d’octobre 1939 et donner un nouvel élan à la marque. Suite au décès de Jean en aout 1939 et déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la Type 64 restera un exemplaire unique. Après la guerre, Bugatti tente une relance avec la Type 73 développée en secret pendant la guerre. Dernière réalisation d’Ettore Bugatti qui décède avant sa présentation, la Type 73 est présentée en prototype sans moteur au Salon de Paris 1947. 5 châssis seront construits, un seul carrossé, et finalement ce n’est qu’en 1959 que la Type 57 sera complétée et mise en configuration roulante.


Dernière tentative par Roland Bugatti, le second fils d’Ettore, avec la Type 101, présentée aux salons de Genève et Paris 1952 La Type 101 repose sur un châssis et un moteur de Type 57 de 1940, mais les moyens manquent pour relancer la marque. 6 exemplaires seulement seront carrossés, dont les deux qui étaient exposés à Rétromobile, un cabriolet rouge et un coupé bleu, tous les deux par le carrossier Gangloff de Colmar qui collaborait régulièrement avec Bugatti.



L’âge d’or des rallyes
Chaque année, Rétromobile propose un thème compétition, et en 2026 le salon fêtait les rallyes, plus particulièrement la période de 1960 à 1990, souvent considérée comme un âge d’or de la discipline. Dans cette période, le monde des rallyes s’est professionnalisé, les constructeurs se sont impliqués plus directement, donnant naissance au Championnat du monde des rallyes (WRC) en 1973. Tour à tour, différents constructeurs se sont imposés, amenant de nouvelles pratiques et de nouvelles technologies : voiture spécifique avec la Lancia Stratos, turbo et transmission intégrale par Audi au début des années 80, démesure du Groupe B entre 1982 et 1986…


Conçue en collaboration avec la Fondation Gino Macaluso, cette rétrospective a réuni une sélection exceptionnelle de voitures légendaires. Pilote de rallye italien, Gino Macaluso a commencé à collectionner les voitures de rallye lorsqu’il a arrêté sa carrière sportive. La Mini Cooper ou la Ford Cortina Lotus étaient très proches de voitures de grande diffusion, mais ont remporté de nombreux rallyes dans les années 1960 et 1970, avant que des autos plus spécialisées ne prennent le relais. C’était le cas par exemple de l‘Alpine A110, la célèbre « berlinette », légère et agile, qui faisait merveille sur tous les terrains. Alpine remporte ainsi le premier Championnat du Monde des Rallyes lorsque la discipline passe en 1973 d’un championnat européen à un Championnat Mondial.


Du fait de la nationalité de Gino et de la large présence des constructeurs italiens en rallye, ces derniers, et notamment Lancia, sont largement représentés : Fulvia (1970), Stratos (1976), Delta Integrale (une Groupe A 1990 et une spectaculaire « Evolution Safari » de 1992), 037 Groupe B (1984)…









S’il n’est pas surprenant de trouver une Fiat 131 Abarth (1978), la Fiat X1/9 Abarth Prototipo qui a essentiellement couru dans les rallyes asphaltes italiens est moins connue.



Le début des années 1980 marque l’ère des Groupe B surpuissantes, avec L’Audi Quattro (1981) qui révolutionne la discipline, avant que Peugeot n’introduise sa mythique Peugeot 205 Turbo 16 (1986), qui domine les rallyes jusqu’à l’arrêt du Groupe B. Sur les rallyes asphaltes, Renault arrivait toutefois à concurrencer ces voitures à 4 roues motrices avec sa spectaculaire R5 Turbo (1981).






Après plusieurs années de domination de la Lancia Delta dans ses différentes évolutions, Toyota s’implique fortement et la Celica GT-4 ST165 (1990) remporte les premiers succès japonais en Championnat du Monde des rallyes. La plus récente voiture exposée est une Fiat, la Punto Rally Super 1600, en quelque sorte la 2ème division du rallye, permettant notamment aux jeunes pilotes de faire leurs premières armes avant de décrocher un volant en catégorie reine.



Exposition Steve McQueen, la vitesse pour passion
La passion de Steve McQueen pour l’automobile, la moto et les sports mécaniques est bien connue, et il était assez logique que Rétromobile lui rende hommage, sous l’angle de sa passion. Pilote auto, l’un de ses meilleurs résultats est une seconde place aux 12 Heures de Sebring 1970. L’un de ses grands regrets aura surement été de ne pas pouvoir participer aux 24 Heures du Mans. Il a également couru à moto, principalement en trial et dans les Baja californiennes. Il est donc cohérent de trouver l’expo Steve McQueen au sein de l’espace Moto du salon Rétromobile.


Cette grande rétrospective dédiée au « King of Cool » mettait en scène quelques modèles iconiques, autos et motos, ayant marqué la vie de l’acteur. Coté voiture, on retrouvait notamment les 2 voitures de la poursuite du film Bullitt, sans doute l’une des plus célèbres du cinéma, la Ford Mustang Fastback V8 GT 390 et la Dodge Charger des truands. Il ne s’agit pas des voitures du film, mais de répliques des modèles de la poursuite.




A côté se trouvait une Ferrari 250 GT Lusso grise, identique à celle que lui offrit son épouse pour un anniversaire ! Enfin le pick up F100 de son ami et préparateur Bud Ekins était bien adapté pour transporter leurs motos vers les courses dans les déserts.



La majorité des motos présentées étaient des Triumph, marque que Steve McQueen appréciait particulièrement. Outre la Triumph Trophy TR6 identique à celle qu’il pilotait dans le film « La Grande Évasion », l’exposition réunissait une Triumph Rickman Metisse MK3 de 1966, plusieurs T120 préparées par Bud Ekins pour rouler dans le désert et sur les pistes, ou encore une Husqwarna 400 Cross qu’il a piloté lors de ses dernières courses moto, la Honda CR 250 « Elsinore » qu’il n’a pas piloté mais dont il faisait la publicité pour Honda aux USA. L’exposition est évidemment décorée d’affiches de films et de grandes photos d’archives.




Les constructeurs
En 2026, le nombre de constructeurs automobiles exposant est en croissance, et leurs stands n’ont plus grand-chose à envier aux salons auto classiques. Je reviens ici sur les principaux stands, sans objectif d’exhaustivité, dans l’ordre alphabétique. D’autre part, sauf exception, je ne mentionne pas toujours les modèles modernes présentés.
Alfa Romeo
Pas d’anniversaire global ou de thème spécial chez Alfa Romeo mais 3 voitures historiques dont un modèle rarissime. Le Spider “Duetto” 1600 de 1966 est venu à Paris pour fêter son 60ème anniversaire. Sa ligne originale, caractérisée par son arrière arrondi « en os de seiche » est signée Pininfarina. L’Alfa Romeo 750 Competizione de 1955 devait courir dans la catégorie Sport 1500, mais elle est restée au stade de prototype et n’a été construite qu’à deux exemplaires. Elle participe toutefois à des courses historiques comme les 1000 Miles ou le Goodwood Festival of Speed.




La 33/2 « Periscopica » de 1967 est la voiture qui a lancé la lignée 33 chez Alfa Romeo, marquée par de nombreuses victoires en endurance, et 2 titres de Champion du Monde en 1973 et 1975. Le « 2 » correspondant au moteur V8 2 litres, et la 33 évoluera ensuite en 33/3 avec le V8 porté à 3 litres de cylindrée. Son surnom « Periscopica » vient de la prise d’air qui surmonte son poste de pilotage.





Alpine
Alpine bascule vers le tout électrique, pari osé surtout pour le remplacement de la berlinette A110. Alors, la marque nous a fait revivre une part de son histoire avec quelques modèles « thermiques » classiques, avec 2 A110 « originelles » et une A110 « moderne ». L’A110 1600 SX « vert normand » est la dernière produite en 1977 à l’usine de Dieppe, tandis que l’A110 1800 Groupe 4 est celle qui a terminé 2ème du Tour de Corse 1975, à seulement une poignée de secondes de la redoutable Lancia Stratos développé spécifiquement pour la compétition.



La version moderne est une A110 R Ultime, version développant jusqu’à 345 chevaux, plus du double de la version course de 1975 !


Citroën
Citroën a récemment présenté un concept car très innovant baptisé ELO, une sorte petit monospace ludique et astucieux. D’où l’idée pour son retour officiel sur Rétromobile de présenter plusieurs concept cars innovants du passé, et notamment des concepts qui ont joué sur l’espace et l‘organisation à bord.


La plus ancienne n’est pas à proprement parler un concept, puisqu’il s’agit de l’un des prototypes de la 2 CV datant de 1939. Il avait été caché pendant la guerre pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi. Un seul phare, un seul essuie-glace, pas de poignées aux portières, capote en toile, un authentique prototype, et sur la banquette arrière le fameux panier d’œufs qu’elle devait pouvoir transporter dans un champ sans faire d’omelette.


La C10 (1956) avait une silhouette « goutte d’eau » sur une architecture très compacte et légère exploitant des techniques venues à cette époque de l’aéronautique. Dans les années 1980, la technologie est mise en avant au travers de 2 concepts. De forme pyramidale, Karin (1980) mettait le conducteur au centre de l’habitacle, supprimait les rétroviseurs remplacés par des caméras et les essuie-glaces au profit d’un système de soufflerie d’air.






Activa 1 en 1988 a une silhouette en coin très aérodynamique, mais embarque un système sophistiqué combinant électronique et hydraulique. Téléphone à bord et affichage tête haute sont très en avance sur leur époque. Les autres concepts qui étaient exposés jouaient sur l’espace à bord et le confort, avec Xanae (1994) et C-Cactus (2007) qui s’équipe d’une motorisation hybride diesel-électrique.





En clin d’œil à l’anniversaire Rétromobile, le club La Traction Universelle exposait sur le stand Citroën une splendide Traction 15-6 cabriolet rouge, l’une des 3 connues dans le monde. La 15-6 avec son 6 cylindres en ligne était le sommet de la gamme Citroën, a fortiori le cabriolet apparu en 1939. Cette auto était déjà exposée sur le stand du club lors de la 1ère édition de Rétromobile !



DS Automobiles
DS Automobiles est une marque jeune, qui ne peut pas aller chercher dans son histoire., mais la marque peut s‘appuyer sur les modèles prestigieux de Citroën. A Rétromobile, la marque exposait plusieurs véhicules de la Présidence de la République Française, difficile de faire mieux en termes de prestige et d’histoire ! En 1968, l’Élysée reçoit une DS rehaussée et rallongée, conçue par Citroën et aménagée par Chapron. Avec 6,53 m de long pour 2,13 m de large, la DS Présidentielle est plus imposante qu’élégante (avis subjectif), mais elle répond au cahier des charges qui stipulait que la voiture devait être plus longue que celle du Président des USA ! Cuir, bois, espace arrière vaste, confortable, et climatisé avec une vitre de séparation arrondie, l’ensemble est cossu ! Par contre, l’espace est plus mesuré pour le chauffeur.






Cette DS servira finalement assez peu, puisque dès 1972, la SM Présidentielle arrive dans le parc de la Présidence. Il s’agit d’une longue découvrable à 4 portes (5,60m), mais qui reste élégante (là encore, avis personnel). L’avant et la motorisation sont identiques au modèle de série Citroën, l’empattement est allongé et le partie arrière modifiée, notamment pour aménager les places arrière et la capote. Moquette épaisse, cuir, barre pour se tenir debout en mode parade, la SM Présidentielle est inaugurée par le Président Pompidou pour la venue de la Reine Elizabeth d’Angleterre, puis sera utilisée par les Présidents Giscard d’Estaing, Chirac et Mitterrand.





Plus classique, la DS 21 Pallas de 1965 était utilisée par le Général de Gaulle à partir de 1965 principalement pour ses trajets entre Paris et sa résidence de Colombey les deux Églises. Elle était légèrement aménagée, avec par exemple des porte-fanions dans le pare-chocs avant ou des pare-soleil latéraux aux places arrière. Rachetée aux enchères par son propriétaire actuel, elle a subi une restauration complète pour retrouver sa splendeur, en conservant un maximum d’éléments d’origine. Je reviendrai sans doute prochainement sur l’aventure de sa restauration. Le lien avec le présent se faisait avec DS N°8 Présidentielle, livrée à la Présidence de la République Française en avril 2025. C’est la première voiture officielle au monde qui soit 100 % électrique.



Honda
Honda vient d’annoncer une nouvelle génération de son coupé Prélude. Alors que ce coupé a été produit sans discontinuer de 1977 à 2001 sur 5 générations, il aura fallu attendre 25 ans après l’arrêt de la 5ème génération pour voir arriver la G6. La Prelude 2026 est un élégant coupé, espèce devenue rare dans les gammes des constructeurs généralistes, avec une motorisation hybride. Logiquement, Honda proposait aux visiteurs de revoir 2 exemples de générations précédentes.


La Prelude d’origine, produite de 1977 à 1982, était dérivée de la Civic. Avec un moteur de 1,5l de cylindrée pour 80 chevaux, ce n’était pas exactement une voiture sportive. Ce fut la première voiture de grande série à recevoir un toit ouvrant électrique. Pour sa 3ème génération (1987-1992), la Prelude était plus musclée, avec un moteur 2 lites de 180 chevaux. Elle se distingue par des phares avant escamotables, et est la première voiture de série à être équipée de 4 roues directrices.



Mazda
Cette année, Mazda fête les 35 ans de sa victoire aux 24 Heures du Mans 1991 avec la 787B à moteur à piston rotatif (brevet Wankel). Mazda a été le premier et longtemps le seul constructeur japonais à avoir gagné les 24 Heures du Mans, et reste le seul à l’avoir fait avec un moteur rotatif. Le modèle présenté, habituellement exposé aux Muses de 24 Heures du Mans est une réplique exacte de la 787B gagnante.



Le thème était donc le moteur rotatif, dont la marque est restée le seul champion dans la production mondiale, et Mazda exposait 3 anciens modèles utilisant la même technologie de moteur. On retrouve donc le joli coupé Cosmo Sport 110S, première Mazda avec un moteur Wankel de 110 chevaux. L’auto est assez rare puisque moins de 1200 exemplaires ont été produits en 4 ans, de 1967 à 1972.


La R130 Luce est un autre coupé très peu connu, qui se positionnait comme une voiture de luxe raffinée, le sommet de la gamme Mazda à cette époque. Introduite en 1969, la R130 Luce n’a été vendue qu’au Japon et aux USA, et moins de 1000 exemplaires ont été construits.


La Mazda à moteur rotatif la plus connue est la RX-7, proposée pendant plusieurs générations (avant de devenir ensuite RX-8). La RX-7 de 1ère génération (1979) exposée se voulait un coupé sportif, visant à concurrencer les Datsun 240 Z, Porsche 924 ou Nissan Skyline.


Mercedes
Saluons le choix de Mercedes qui jouait pleinement le jeu pour ce Rétromobile 2026, pas de berline électrique ou de SUV hybride, que des joyaux étoilés, principalement des pépites de la saga SL. Mercedes avait choisi pour thème les « 1000 Miles », célèbre course italienne sur route, qui revit aujourd’hui sous forme historique. Vedette de cette sélection, un exemplaire de la 300 SLR de course (type W196 S) de 1955 en version dite « Streamliner » spyder. Cette voiture destinée aux courses sur route et d’endurance est en fait une Formule 1 carrossée. Si la variante fermée « Uhlenhaut », construite à seulement deux exemplaires est la voiture la plus chère de l’histoire automobile (135 millions d’Euros en 2022), une 300 SLR comme celle qui était exposée s’est vendue 46 millions d’Euros en 2025, soit le même prix qu’une Ferrari 250 GTO dans une vente récente.





Plusieurs modèles classiques de la marque à l’étoile étaient exposés, tous achetés par Mercedes-Benz Heritage, révisés, remis en état et proposés à la vente avec un « pack Mille Miglia », prêts à participer à la classique italienne. Les amateurs avaient le choix entre une « classique » 300 SL coupé de 1955 à portes papillon, une 190 SL roadster de 1956 et une 220 « Ponton » de 1955. En effet, si on connait les succès de la 300 SL dans cette course, on sait moins que plusieurs Mercedes 220 ont aussi participé.





La dernière 300 SL exposée était un coupé 1960, « dans son jus » en attente de restauration, illustrant les capacités de Mercedes-Benz Heritage à procéder à des restaurations complètes.


Morgan
Morgan est un exposant régulier de Rétromobile, et il est vrai que son modèle phare, la PlusFour a conservé des lignes proches de la version d’origine des années 1950. Cette année, Morgan mettait en vedette une Plus 4 Supersports particulière, puisque c’est la Morgan qui a remporté sa catégorie aux 24 Heures du Mans 1962, seule Morgan à avoir réalisé cet exploit. Directement dérivée de la Plus 4 de route, la voiture est évidemment optimisée pour l’épreuve, jouant sur la légèreté et la fiabilité plutôt que sur la puissance.

Opel
Opel exposait à Rétromobile pour la première fois, avec 3 voitures à caractère sportif. La Kadett C coupé de 1978 ne disposait que de 55 chevaux, mais la voiture était très légère et agile. Ses phares additionnels longue-portée et antibrouillards, ses rétroviseurs noirs et ses jantes en alliage témoignent de ses ambitions sportives. Elle fait encore le bonheur d’amateurs en course de côtes. La Monza GSE, grand coupé produit entre 1978 et 1986, inaugure le label sportif GSE de Opel, qu’on retrouve encore aujourd’hui sur les modèles les plus sportifs. Avec son moteur six cylindres en ligne de 3 litres développant 180 ch, cette propulsion annonce une vitesse de pointe très honorable de 215 km/h.


La Manta 400 n’est pas la plus célèbre des Groupe B, mais l’exemplaire usine de 1982 qui était exposé est l’un des 3 dernières survivantes sur les 17 construites. Surnommée « Lucky Car », cette Manta n’a jamais connue d’accident grave et a remporté le Championnat de France des Rallyes avec Guy Fréquelin et plusieurs succès internationaux aux mains de Henri Toïvonen ou Ari Vatanen.



Peugeot
Chez Peugeot, 2026 verra le retour de la griffe GTI avec le lancement de l’e-208 GTI, donc dans une version électrique. Pour convaincre les amateurs, Peugeot rappelait les belles heures de son label GTI avec une collection complète de 205 GTI : la première 1,6L 105 chevaux de 1984 et l’évolution 115 chevaux 1986. La dernière version reçoit moteur 1,9 litre de 130 chevaux qui faisait merveille dans cette auto légère. Il n’est pas certain qu’on retrouve les mêmes sensations dans sa lointaine descendante électrique.


Cette « 130 chevaux » était exposée en 2 versions, une « classique » rouge avec toit ouvrant et une rare (seulement 3000 exemplaires) 205 GTI 1.9 « Griffe » de 1990 avec sa teinte spécifique vert « Fluorit ». La 205 GTI 115 chevaux a eu droit à une déclinaison cabriolet, appelée CTi, exposée également dans cette rétrospective.



A défaut de pouvoir s’offrir une 205 Turbo 16, rare et chère, Peugeot proposait un kit carrosserie « Dimma » qui donnait à une GTI l’allure d’une T16. Les acheteurs pouvaient aussi adapter un kit moteur. Enfin, une « vraie » 205 T16 faisant partie de la petite série de 200 unités construites pour l’homologation en Groupe B complétait l’exposition GTI.




Notons que le grand stand Peugeot arborait une belle moquette rouge, comme celle qui équipait les 205 GTI !



Porsche
Porsche célébrait à Retromobile les 75 ans de sa division Motorsport, et mettait donc logiquement l’accent sur la compétition, dans 3 styles très différents. La 919 Hybrid est la dernière Porsche à avoir gagné les 24 Heures du Mans, avec 3 victoires consécutives en 2015, 2016 et 2017. Malgré de bonnes prestations, Porsche n’a pas renouvelé l’exploit avec son Hypercar 963, et a annulé sa participation en 2026, se concentrant sur d’autres disciplines et notamment les courses d’endurance aux US.


C’est justement sur les circuits américains que la 924 GTR s’est illustrée au début des années 1980. Le modèle exposé largement « body buildé » était prêté par son propriétaire. Beaucoup plus imposant, le SUV Cayenne S exposé avait été spécialement développé pour le Rallye Transsyberia 2007.




Une particularité de Porsche est la proportion très importante de ses classiques qui continuent à rouler, que ce soient es 356 ou d’anciennes 911. Certains centre Porsche proposent des services dédiés, et c’est ce qu’illustrait la 911 Carrera RS Type 964 de 1992., Début 2025, la voiture était en cours de restauration et avait été exposée sur le stand Porsche Rétromobile. Entre temps, restauration terminée, elle a remporté le Concours de Restauration Porsche Classic organisé par Porsche France à l’occasion du Mans Classic 2025.
Une très belle 911 Turbo S cabriolet verte représentait la gamme actuelle.


Renault
Renault exposait à Rétromobile sous la marque « The Originals Renault », une branche dédiée à la valorisation de son héritage. La vedette de la marque est la toute nouvelle Clio, d’où l’exposition « Cliorama »qui présentait les générations précédentes de sa voiture à succès, une majorité d’entre elles en rouge pour accompagner la couleur de lancement de la nouvelle Clio. On y retrouvait les versions classiques de Clio, mais surtout quelques séries spéciales et versions plus rares.


La Clio a connu des versions luxueuses, comma la Baccara, intérieur cuir et planche de bord en ronce de noyer, ou Initiale Paris de 2019. Plus connues des amateurs, les versions sportives ont été nombreuses dans la carrière de la Clio. La Clio Williams (1993) se reconnait à sa couleur bleue et ses jantes dorées. Elle faisait référence à l’association Renault et Williams en F1, et connut un joli succès commercial. La voiture exposée a appartenu à Franck Williams.



En 2000, la RS (Renault Sport) 2.0 16 V était passée en re les mains du département course pour être améliorée sur les plans châssis et mécanique. Beaucoup plus radicale, la Clio V6 reprenait en partie la recette de la R5 Turbo 2 : 2 places, moteur central arrière, arrière très élargi, mais cette fois un moteur V6 de 230 chevaux. La Clio R27 F1 Team (2007) est une série limitée qui fait directement références aux titres remportés par Renault en F1 avec a R27.



La Clio a aussi été engagée en compétition, sur route et sur circuit, et l’exposition Cliorama en présentait une petite sélection. La Clio « Groupe A », basée sur la Clio I a été introduite dès 1991 pour être engagée en rallye avec succès aux mains de Jean Ragnotti ou Philippe Bugalski. En 1994, la Clio Maxi Kit Car répond à la nouvelle règlementation FIA pour les voitures 2 litres, 2 roues motrices. Toujours sur la base de Clio I, la Kit Car développe 260 chevaux et a gagné de nombreuses courses et championnats dans sa catégorie.


La Clio évolue suivant les changements de règlementation FIA, et la Clio Super 1600 apparue en 2002 a été une référence de la catégorie, remportant notamment le Championnat d’Europe Super 1600 en 2004 et 2005, ainsi que de très nombreux titres nationaux européens.


Si la Clio s’est beaucoup illustrée sur les routes, elle a aussi connu des versions circuits. La Clio III Cup, développée à partir de la Clio III RS, a été produite à plus de 900 exemplaires pour courir sur les circuits du monde entier.


Dans le cadre de son programme héritage, Renault labellise des garages ayant plus particulièrement les compétences pour entretenir et remettre en état d’anciennes Renault, programme illustré par un « corner » garage présentant une splendide Dauphine. Rappelons que Renault a démarré les travaux de son futur musée dont l’ouverture est prévue en 2027.
Skoda
Skoda annonce une histoire de 125 ans en sport mécanique, et présentait donc quelques modèles sportifs ou de course. La plus ancienne voiture exposée était une Popular Sport Coupé de 1937, version allégée avec notamment un toit en aluminium, développée pour courir en rallye dans les années 1930. La Skoda 100 OHC est une petite barquette construite à 2 unités, qui a couru de 1958 à 1963, principalement dans ce qui était à l’époque l’Europe de l’Est.





Encore un bond de presque 20 ans pour découvrir la Skoda 130 RS, construite à 300 exemplaires entre 1975 et 1980. Basée sur la S110 R, allégée avec capot, portes et toit en aluminium, ailes élargies et hayon en plastique renforcé de fibre de verre, moteur plus puissant grâce à 2 carburateurs, la 130 RS participait à de nombreux rallyes, et on l’a vue notamment au Monte Carlo. Elle a en quelques sorte montré la voie aux Skoda Fabia WRC des années 2000, dont un exemplaire coupé en 2 montrait les entrailles.



Entre temps, la Skoda Favorit 136 avait été développée pour participer au début des années 1990 aux rallyes nationaux et internationaux, mais aussi aux courses d’endurance en version 136H. La Fabia R5 Combi de 2017 est un show car dérivé des Fabia R5 qui courent dans les rallyes depuis 2015.


Volkswagen
En 2026, Volkswagen fête les 50 ans de la Golf GTI, et présentait donc les générations précédentes. Si la Golf GTI a toujours été présente dans la gamme, elle a considérablement évolué, avec en particulier une puissance qui a presque triplé entre les 110 chevaux de la première GTI en 1976, et les 326 chevaux annoncés pour l’édition spéciale 50 ans ! En 1976, Volkswagen présente la Golf GTI, un dérivé sportif de sa compacte arrivée sur le marché 2 ans plus tôt.



Le succès est immédiat, et non seulement Volkswagen en produira beaucoup plus que prévu, mais la Golf GTI va donner naissance à une nouvelle catégorie de voitures, des petite berlines sportives, abordables et fun, qui apparaitront chez quasiment tous les constructeurs généralistes, sous le label GTI comme la 205 pour Peugeot ou d’autres appellations maison mais toujours dans le même esprit. La Golf en est aujourd’hui à sa 8ème génération, et chaque génération a eu sa GTI.



8 Golf donc, disposées en cercle de la Golf I avec sa calandre rectangulaire intégrant les phares additionnels et le gros sigle GTI à la Golf 8 « Edition 50 ans ». La Golf 2 était exposée dans sa version 16S plus puissante, tandis que la Golf 6 était présentée en version cabriolet. Comme Peugeot, Volkswagen exposait aussi une future GTI électrique sur base de la ID.Polo.



Ducati
Au milieu de tous ces constructeurs automobiles, et à l’écart du pole Motos, Ducati avait un grand stand pour célébrer son centenaire, même si les premières motos (en fait de vélos motorisés) ne sont apparues qu’en 1946. Auparavant, Ducati fabriquait des condensateurs et des composants radios, puis des machines à calculer, des appareils photo et des radios…



Dans quelques jours, la 2ème partie de ce reportage, à suivre…
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